Abymes

Du récit romanesque à l’auto-fiction
La mise en abyme “consiste à enchâsser une œuvre dans une œuvre du même type. Théâtre dans le théâtre comme dans Hamlet. BD dans la BD, comme dans les Cigares du pharaon”. C’est bien sûr le principe de cette série dont chaque tome trouve son écho dans le suivant. Editée dans la collection Aire Libre, elle a été scénarisée par Valérie Mangin pour Griffo, Loïc Malnati et Denis Bajram.

Abymes tome 1, couverture

Tome 1

Balzac est furieux. Non seulement la Revue de Paris a suspendu la publication de La Peau de chagrin, mais en plus celle-ci a été remplacée par un feuilleton anonyme qui raconte dans un style tout balzacien la vie, et donc les turpitudes, d’un certain… Honoré de Balzac. Tout ce que l’écrivain a cherché à cacher avec le plus grand soin tout au long de son existence se retrouve exposé au grand jour, au risque de ruiner sa vie sociale, sa carrière, et même de le mener en prison ! Prêt à tout pour découvrir l’auteur de ce canular, il s’engage dans une quête qui le mènera au bout de lui-même. Un récit entre enquête policière, conte philosophique et farce macabre, au coeur de la vie mondaine et littéraire du XIXè siècle.

Abymes tome 2, couverture

Tome 2

Henri-Georges Clouzot, alors jeune cinéaste, travaille d’arrache-pied au film qui, selon lui, doit consacrer sa carrière. Soutenu par son producteur, ancien résistant, envers et contre toutes les accusations de collaboration dont Clouzot fait l’objet, il pousse à bout ses acteurs, et notamment la comédienne Suzy Delair dont il partage la vie. Intransigeant, autoritaire et obsédé par son film, il croit devenir fou quand il se rend compte, en visionnant les rushes, qu’en lieu et place de ses bandes, ce sont des prises de vue dérangeantes du tournage lui-même, ou de son intimité orageuse avec sa compagne, qui défilent sur l’écran. De fausses révélations et véritables chausse-trappes, l’intrigue se noue sur le tournage de plus en plus difficile d’un film dont le script lui-même apparaît comme maudit. Car c’est la vie de Balzac qu’entreprend de mettre en scène Clouzot… du moins telle qu’on a pu la lire dans le premier volet de la trilogie.

Abymes tome 3, couverture

Tome 3

Quand Valérie, étudiante dans le Quartier latin dans les années 90, découvre par hasard un album de bande dessinée réalisé par son homonyme dans la collection “Aire Libre”, la coïncidence l’amuse. Mais lorsqu’elle cherche à racheter l’album, vraisemblablement dérobé par une de ses camarades au foyer de jeunes filles qu’elle habite, elle s’aperçoit qu’il n’est référencé nulle part et qu’elle semble même être la seule à l’avoir jamais tenu entre ses mains. À partir de ce rendez-vous manqué, se développe une intrigue construite comme un polar, avec ses faux hasards et ses vraies coïncidences, sur la trame bien réelle de la propre vie de Valérie Mangin. Établissant des ponts avec les tomes précédents, elle nous entraîne dans une partie de cache-cache où se mêlent et se répondent le vrai, le fictionnel et le vraisemblable. Car après la vraie-fausse biographie de Balzac et le vrai-faux tournage de l’ultime film de Henri-Georges Clouzot, on découvre la genèse fantastique de ces deux épisodes, au gré d’un récit dont la scénariste est la principale héroïne… et l’auteure, avec la complicité de Denis Bajram.