L’actualité

Fdj : Izumo no Okuni

Au début du XVIIe siècle, le shogun Tokugawa Ieyasu interdit la pratique du théâtre de kabuki aux femmes. Pourtant, c’est bien à l’une d’elle que l’on doit la fondation de cet art de la scène : Okuni.

Elle naît, peut-être vers 1572, dans une famille de serviteurs du grand sanctuaire shinto d’Izumo et part très jeune en tournée pour recueillir des fonds pour le temple. On la retrouve ainsi à Kyoto exécutant des yayako odori, « danse de bébé ».

Plus tard, elle rencontre le succès en exécutant de manière sensuelle (érotique ?) le nembutsu odori, une danse en l’honneur du bouddha Amida. Elle y interprète un jeune homme (mais oui) qui prie le bouddha après une rupture amoureuse et évoque son bonheur perdu.

Mais, c’est en 1603 qu’elle entre dans l’Histoire en devenant sur la scène du temple Tenman-gu de Kyoto un kabuki-mono, un rônin devenu brigand, qui flirte avec une serveuse. Aujourd’hui, « kabuki » a pris le sens de « danse-chant-technique » mais ce n’est peut-être qu’un dérivé de ce tout premier personnage théâtral.

Quoi qu’il en soit, ce spectacle originel regroupe des chants et des danses, mais sans raconter d’histoire particulière. Okuni, soutenue financièrement par un certain Sanzaburo Ujisato, le complexifie petit à petit et commence à y intégrer des éléments dramatiques.
Parallèlement, elle continue à souvent jouer des personnages masculins : samouraï, prêtre chrétien… sa troupe est d’ailleurs entièrement féminine.

Le genre remporte un grand succès populaire et se répand très vite dans tout le Japon, en particulier dans les bordels de luxe qui veulent distraire des clients cultivés.
C’est cela qui cause finalement l’interdiction du shogun, interdiction qui perdure jusqu’au XXe siècle.

Statue hommage à Okuni à Kyoto, dans le quartier Pontochō (2003).

Les Chroniques réimprimées

Fin d’hibernation précoce pour Milou cette année : les Chroniques de l’Antiquité galactique sont rééeditées par les Éditions Soleil.
En-dessous, vous pouvez voir Le dernier Troyen que j’ai réalisé avec Thierry Démarez avant Alix Senator mais Le Fléau des dieux avec Aleksa Gajic a été réimprimé aussi.

Fdj: Lorraine Warren

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’une femme dont l’anniversaire se fêtera pendant le festival d’Angoulême plutôt qu’aujourd’hui : Lorraine Warren. Née le 31 janvier 1927 dans le Connecticut, elle aurait pu apparaître dans SOS Fantomes si elle ne s’était pas prise autant au sérieux. « Medium et clairvoyante », elle forme avec son mari, le « démonologue » Ed Warren, le plus célèbre couple spécialiste des sciences occultes des États-Unis des années 70-80.

À la tête de la New England Society for Psychic Research qu’ils ont fondée en 1952, ils combattent une multitude de démons, fantômes et autres loups garous. On ne sait toujours pas aujourd’hui s’ils croient réellement aux phénomènes paranormaux ou s’ils ne sont qu’un banal couple d’escrocs. Quoi qu’il en soit, leurs livres rencontrent un grand succès et ils hantent les plateaux télé pendant des années avant de finir même par ouvrir le Warrens’ Occult Museum où ils conservent pieusement les traces de leurs infernales victimes.

Lorraine Warren dans son musée.

Le cas le plus célèbre auquel ils sont mêlés est celui d’Amityville. Oui, le Amityville du film d’horreur de Stuart Rosenberg (1979). Il m’a beaucoup impressionnée quand j’étais ado et c’est un peu pour ça que je vous parle de Lorraine Warren aujourd’hui.

Lorraine et la maison du diable

Pour ceux qui ne connaissent pas cette sinistre histoire : dans la nuit du 13 novembre 1974, le fils aîné de la famille DeFoe assassine avec un fusil ses parents et ses quatre frères et sœurs dans un quartier huppé de la petite cité d’Amityville. L’année suivante, une autre famille, les Lutz, vient s’installer dans la maison. Aussitôt, ils sont assaillis par des phénomènes paranormaux terrifiants. Apeurés, ils s’enfuient d’Amityville et racontent tout à l’écrivain Jay Anson qui transforme leurs mésaventures en best-seller.

Bien sûr, l’émotion publique passée, la plupart des gens admettent que tous les terribles événements postérieurs aux meurtres des DeFoe relèvent de la supercherie pure et simple. Tout cela n’est qu’un canular monté par Anson et les Lutz pour convertir en bon argent le vague malaise éprouvé par ces derniers à leur arrivée dans la « maison des meurtres ».

Pourtant, Lorraine et Ed Warren s’intéressent à cette affaire et arrivent à la conclusion… que les Lutz ont bien été les victimes de forces surnaturelles. Lorraine dit ressentir un profond sentiment d’horreur à la visite de la propriété. Ed aperçoit « des milliers de points lumineux » quand il descend à la cave. Des ombres noires se précipitent sur lui pour le jeter par terre. Un de leurs collaborateurs a un malaise et doit être évacué quand ils font une tentative pour entrer en contact avec les « habitants » de la maison…

Pour eux, le « mal » hante Amityville depuis des temps immémoriaux : la maison a été élevée sur le lieu où des indiens Montauketts gardaient leurs malades mentaux (une variante intéressante du fameux cimetière indien). Plus tard, un des sorciers de Salem s’est installé au même endroit pour rendre un culte au démon.

Curieusement, ce démon ne se manifeste plus jamais après 1976. Il laisse tranquille tous les nouveaux habitants de la maison. Ce n’est pas le cas des nombreux touristes qui continuent longtemps à les persécuter de leur curiosité et de leurs demandes de visites guidées. À défaut de pouvoir les exorciser, les Cromarty, qui ont racheté la maison aux Lutz, finissent par faire un procès à ceux-ci. Ils sont responsables de la notoriété malsaine de leur demeure après tout. Un accord à l’amiable est trouvé. Finalement, c’est peut-être juste le démon de l’argent qui hante la maison d’Amityville.

La maison du 112 Ocean Avenue à Amityville, le 7 décembre 2005. © Seulatr

Fdj : Agnès de Rome

Je vous avais prévenus que cette éphéméride féminine comporterait toute sorte de profils. Aujourd’hui, 21 janvier, je vous parlerai donc d’Agnès de Rome, sainte, vierge et martyre chrétienne.

On sait très peu de choses d’elle : elle serait née vers 290 dans la noblesse romaine et serait morte pour sa foi vers 304/305, peut-être le 21 janvier. Mais les hagiographes (les auteurs de vies de saints) n’ont pas hésité à remplir ce grand vide… et ils nous donnent ainsi à voir ce qu’était pour eux la femme parfaite. Accrochez-vous.

Selon la légende, Agnès est une très belle jeune fille, pure et chaste (comme le veut son nom qui vient d’ « agnos », pur en grec). Âgée seulement de 12 ans, elle rejette la demande en mariage du fils du préfet de la Ville en lui disant qu’elle a déjà un fiancé et qu’il est bien plus noble que lui. Furieux, le préfet la convoque pour connaître le nom de ce fameux fiancé responsable de l’humiliation de son rejeton. Agnès ne cherche pas à mentir : elle avoue être chrétienne alors qu’on est en pleine persécution, et que son futur mari est le Christ lui-même.

Bien sûr, cela met encore plus en colère le préfet qui ordonne à Agnès de sacrifier aux dieux de Rome sous peine d’être… enfermée dans un bordel. Les hagiographes aiment les détails « croustillants ». Comme la jeune fille refuse toujours de céder, elle est déshabillée ( !) et conduite nue jusqu’au lupanar promis. Mais là, le premier miracle se produit : ses cheveux poussent démesurément pour la couvrir toute entière ou presque.

Arrivée sur place, le convoi qui l’emmène est accueilli par un ange qui enveloppe Agnès d’une lumière divine. Aussitôt, tous s’inclinent et le bordel se transforme en lieu de prières.

Ignorant la situation, le fils du préfet arrive alors pour être le premier à profiter des charmes de la nouvelle pensionnaire. Mais il est intercepté par un démon qui l’étrangle avant qu’il ait pu la violer. On imagine l’état du préfet apprenant la nouvelle. Aussitôt, il ordonne que la pauvre Agnès soit brûlée comme sorcière mais un ultime miracle intervient. Le feu brûle ses bourreaux et l’épargne. Elle est finalement égorgée. Elle devait avoir épuiser le stock de miracles disponibles ce jour-là.

Vierge à l’Enfant avec sainte Martine de Rome, à gauche, et sainte Agnès à droite, entre 1597 et 1599, National Gallery of Art, Washington DC.

Fdj : Yvonne Baseden

Yvonne Baseden est une agente secrète du Special Operations Executive (la Direction des opérations spéciales), le service secret britannique qui opère en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Elle naît le 20 janvier 1922 à Paris et a la chance de passer son enfance à voyager en Europe. En 1937, ses parents finissent par s’installer à Londres et elle devient totalement bilingue anglais-français. Dès ses 18 ans, en 1940, elle s’engage dans la Women’s Auxiliary Air force. Deux ans plus tard, devenue officier (« Section Officer »), elle entre dans le service de renseignement de la Royal Air Force et participe avec succès aux interrogatoires de prisonniers allemands. Cela lui vaut d’être versée au SOE dès 1943.

© Madelgarius

Dans la nuit du 18 au 19 mars, elle saute en parachute au-dessus des Landes avec Gonzague de Saint-Geniès (dit « Lucien »). Tous deux parviennent séparément dans le Jura où ils doivent fédérer des maquis très dispersés. Yvonne devenue « Odette » joue alors surtout un rôle d’opérateur-radio. Mais elle se tient prête à prendre la place de « Lucien », si celui-ci venait à disparaître.

Le 26 juin 44, ils se réunissent avec tous les principaux membres de leur réseau dans une fromagerie de Dole. Un gros parachutage d’armes a eu lieu la veille et les résistants s’attardent pour fêter ça. Hélas, au même moment, un maquisard capturé par la police militaire allemande livre à ses geôliers l’emplacement de la réunion. On est tard dans la nuit. Il pense que tout le monde est déjà reparti de son côté.

À leur arrivée, les Feldgendarmes découvrent une grande table couverte d’assiettes. Ils postent des gardes un peu partout et attendent. Plusieurs heures plus tard, un bruit se fait entendre dans le grenier. Le soldat posté en dessous n’hésite pas et tire dans le plafond. Du sang s’en écoule. Les Allemands jette alors une grenade dans la soupente. Lucien est blessé. Il s’empoisonne pour ne pas tomber vivant aux mains des Allemands. Tous les autres, à l’exception du gardien de la fromagerie qui s’est caché dans la cave, sont fait prisonniers.

Odette est conduite à la feldgendarmerie avec les autres. Elle a des faux papiers et les policiers ne savent pas qui elle est. Torturée, soumise à un simulacre d’exécution, elle « fait l’idiote », obstinément. Ses compagnons ne la trahissent pas non plus. Cela lui sauve la vie, mais elle est quand même déportée au camp de Ravenbrück. Là, d’autres femmes identifiées comme appartenant au SOE sont exécutées. Yvonne faiblit mais parvient à toujours cacher son identité.

En avril 1945, Yvonne est finalement remise à la Croix rouge suédoise dont le vice-président, Folke Bernadotte, a réussi à passer un accord avec Heinrich Himmler, le chef suprême des SS en charge des camps de concentration et d’extermination. Ayant compris que la guerre ne va pas se terminer comme prévu, celui-ci a autorisé une opération de sauvetage de déportés surtout danois, norvégiens et francophones. Plus de 15 000 personnes sont sauvées à cette occasion. Les compagnons d’Odette ont moins de chance : la moitié sont exécutés par les Allemands et les autres ne sont libérés qu’à la fin des camps.

Fdj : Livie

Livie, Livia Drusilla de son vrai nom, est la troisième épouse d’Auguste. Elle n’est pas née le 18 mais le 30 janvier 58 av. J.-C. Or, le 30 janvier prochain, je serai à Angoulême et je ne pourrai pas vous faire de chronique quotidienne, faute de temps. Mais ça aurait quand même été dommage de passer à côté de la meilleure ennemie d’Alix senator, non ?

Livie est donc née en – 58 dans la plus haute aristocratie romaine. À quinze ans, elle épouse Tiberius Claudius Nero et donne naissance l’année suivante au petit Tibère, le futur empereur. Mais on est en pleine guerre civile et chacun doit prendre parti. Livie et son époux sont des césariens. Après les ides de mars, ils combattent les assassins du dictateur aux côtés de Marc Antoine. Ils prennent aussi son parti contre le jeune Octavien, le futur Auguste. En – 40, ils doivent même prendre précipitamment la fuite pour échapper à ses proscriptions. Ils se réfugient en Sicile puis en Grèce. Ils ne reviennent en Italie qu’après la paix de Brindes qui réconcilie provisoirement les deux triumvirs.

C’est l’occasion pour Livie de rencontrer Octavien/Auguste en septembre – 39. Coup de foudre, coup politique ou les deux, elle quitte immédiatement son mari pour son ancien ennemi. Lui attend que sa précédente épouse ait accouché de leur fille, Julie, et la renvoie aussitôt. Dès le lendemain, le 17 janvier -38, il épouse Livie. Elle est enceinte de six mois de Tiberius et accouche en avril de son second et dernier fils, Drusus. Elle n’aura jamais d’enfant d’Auguste.

Statue de Livie représentée en déesse Ops avec sa gerbe de blé et sa corne d’abondance, début du 1er siècle de notre ère, musée du Louvre.

Leur mariage dure pourtant jusqu’à la mort de l’empereur, 52 ans plus tard. S’il est à peu près constamment infidèle, les époux restent malgré tout très proches. Livie est présentée par la propagande impériale comme la matrone idéale, vertueuse et volontairement confinée à la sphère privée. Mais la réalité est assez différente : elle continue de s’intéresser activement à la politique toute sa vie. Auguste a des discussions avec elle avant de réunir ses conseillers officiels et de prendre ses décisions. Il prépare même leurs entretiens politiques par écrit, tant il craint ses réflexions et ses réparties. Les autres aussi d’ailleurs : beaucoup se méfient de l’influence de Livie et lui attribue les « mauvaises » décisions de l’empereur – les bonnes étant de lui en personne, forcément. C’est le début de la légende noire de Livie.

Sa mauvaise réputation auprès des historiens antiques va beaucoup plus loin. Ils l’accusent, par exemple, de faire empoisonner tous ceux qui se trouvent entre son fils Tibère et la succession impériale : le fils d’Octavie, la sœur d’Auguste, mais aussi Gaius et Lucius César, les petits-fils préférés de l’empereur. Livie aurait d’ailleurs fini par l’assassiner aussi en lui offrant des figues empoisonnées. On sait aujourd’hui que tout cela est pure invention.

Planche montrant Livie rendant visite aux galles, les prêtres de Cybèles, dans son temple du Palatin, juste à côté de la demeure impériale, Alix senator, tome 7, éditions Casterman.

Devenue veuve en 14 apr. J.-C., Livie devient une prêtresse du « divin Auguste » qui a rejoint officiellement son grand-oncle César parmi les immortels. Elle continue cependant de jouer un rôle politique auprès de Tibère. Celui-ci le vit de plus en plus mal et leurs rapports sont conflictuels. En 26, il part vivre en solitaire dans l’île de Capri et ne reviendra jamais à Rome.

Livie, elle, meurt en 29, à 86 ans. Elle rejoint Auguste dans son mausolée. En l’absence de Tibère, c’est Caligula, l’arrière-petit-fils de la défunte, qui prononce son éloge funèbre. En 42, un autre de ses descendants, l’empereur Claude, lui accorde l’apothéose et en fait une déesse à l’égal d’Auguste.

Femme du jour : Eartha Kitt

Eartha Mae Kitt est une célèbre chanteuse et actrice américaine qui a connu plusieurs heures de gloire au siècle passé.

Sa vie commence comme un mauvais film : elle nait le 17 janvier 1927 dans une plantation de coton de Caroline du sud, du viol d’une jeune femme noire et cherokee par un homme d’origine allemande ou néerlandaise.

Dès 1943, elle danse dans la troupe de Katherine Dunham, une pionnière de la danse afro-américaine, et fait des tournées dans le monde entier. Mais c’est en 1950 qu’elle rencontre la notoriété en incarnant Hélène de Troie dans Time runs d’Orson Wells. Celui-ci justifie son choix, jugé très iconoclaste à l’époque, d’une artiste « noire » pour incarner la « blonde » Hélène par le fait qu’Eartha Kitt est « the most exciting woman in the world ».

Par la suite, elle enregistre de nombreux titres qui deviennent des classiques comme la chanson de Noël Santa Baby. Elle continue aussi à participer à des comédies musicales à Broadway, à tourner des films (The Mask of the hawk  de Sidney Poitier en 1957) et des séries télévisées. En 1967, elle est la Catwoman de Batman.

©Closer

Parallèlement, Eartha Kitt qui appartient à la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté s’engage contre la guerre du Viet-Nam. En 1968, une intervention dans ce sens lors d’un déjeuner à la Maison Blanche lui vaut d’être mise à l’index aux États-Unis. Elle doit aller poursuivre sa carrière à l’étranger jusqu’en 1974. Cette expérience très dure ne l’empêche pas de s’investir plus tard dans le combat pour les droits LGBT et le mariage des personnes de même sexe, cela jusqu’à sa mort en 2008.

Entretemps, Eartha Kitt renoue avec le grand succès dans les années 80. Sa voix gutturale très particulière lui permet même d’enchaîner les tubes internationaux de 1983 à 86 : Where Is My Man, I Love Men, This Is My Life et I Don’t Care.

©Closer

Femme du jour : Dian Fossey

Dian Fossey est une primatologue américaine qui a étudié les gorilles au Rwanda des années 60 à 1985.

Née le 16 janvier 1932, Dian Fossey est très jeune attirée par les animaux, mais ses études de vétérinaire ne la mènent nulle part. Déçue, elle se replie sur l’ergothérapie et, son diplôme en poche, s’occupe d’enfants en difficulté dans un hôpital du Kentucky. Pourtant, elle n’oublie pas ses rêves d’enfance : en 1963, elle emprunte l’équivalent de trois ans de son salaire et part six mois en Afrique. Elle y découvre le Rwanda et ses grands singes. C’est le coup de foudre.

Dian Fossey joue avec de jeunes gorilles, © Robert I.M. Campbell, National Geographic Creative

Elle revient ensuite le plus souvent possible dans la région et, en 1967, crée le Karisoke Research Center, dans les montagnes des Virunga. Sept ans plus tard, elle obtient son doctorat en zoologie à l’Université de Cambridge. Elle ne cessera plus d’étudier les gorilles jusqu’à sa mort et sera reconnue comme une de leurs plus grandes spécialistes.

La couverture du National geographic de 1970

En janvier 1970, sa photo en couverture du « National geographic », qui finance la fondation qui la soutient, la rend mondialement célèbre. Elle commence à sensibiliser le public sur le sort des grands singes et le danger de leur possible extinction. Le braconnage est alors endémique dans le Parc national où elle travaille. Les bébés gorilles sont enlevés, les parents tués (ils luttent jusqu’à la mort pour conserver leur progéniture) et leurs têtes et leurs mains… vendues comme trophées aux touristes.C’est peut-être cet engagement qui cause la perte de Dian Fossey en décembre 1985 : elle est retrouvée assassinée à coups de machette dans sa hutte. A ce jour, son meurtrier reste inconnu. Le principal suspect, Protais Zigiranyirazo, soupçonné de diriger un trafic de bébés gorilles, est aussi le préfet de la région qui commande l’enquête sur la mort de la primatologue. Il est plus tard considéré comme un des principaux responsable du génocide du Rwanda de 1994.