L’actualité

Avant-première Alix senator à Geekorama

Le week-end prochain, les 17 et 18 novembre a lieu Geekorama 2, la deuxième édition du festival geek de la Ville de Bayeux à la Comète.

J’y serai bien accompagnée par Denis Bajram, Stef Djet et Mathieu Salvia mais aussi par un invité surprise de dernière minute : le tome 8 d’ Alix Senator sera là en avant-première.
Je vous le dédicacerai le dimanche de 13h30 à 15h.

Vous pouvez aussi venir m’entendre la veille à 13h30 pour la table ronde sur les relations entre dessinateurs et scénaristes (âmes sensibles s’abstenir 🙂 )

Publié le Catégories Alix Senator, Preview, Rencontre, Salon, Séance de dédicace
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Gueule cassée

On commémore ce 11 novembre l’armistice de la Première Guerre Mondiale.
S’il y a bien un monument aux morts qui symbolise pour moi toute l’horreur sans fin de la guerre, c’est bien celui de Trévière près de chez nous. Et encore les photos ne suffisent pas à rendre le saisissement que l’on éprouve devant l’affreuse mutilation de la statue.

« Le monument aux morts de Trévières est un des plus émouvants de Normandie. Sculpté en 1920 par le sculpteur local Edmond de Laheudrie (1861-1946), il fut endommagé au cours de la Seconde Guerre mondiale par un éclat d’obus qui arracha la partie inférieure du visage de la statue. Cette femme, qui à l’origine représentait la victoire, est devenue symbole des gueules cassées de la guerre 14-18. »

Photo © Serge Philippe Lecourt

Pétain et Hitler à Montoire

La poignée de main entre Philippe Pétain et Adolf Hitler le 24 octobre 1940 à Montoire.

Dans le discours radiodiffusé qui suivit l’entrevue, le maréchal affirma entrer de son plein gré, « dans l’honneur », « dans la voie de la collaboration. »

Au moins 76 000 Juifs parmi lesquels 11 000 enfants, non réclamés au départ par les Allemands, ont été déportés de France sous l’Occupation, à 80 % après avoir été arrêtés par la police française du maréchal. Un tiers avait la nationalité française. Seuls 3 % survécurent aux déportations dans les camps de concentration.

Sans compter toutes les autres victimes.

Pétain fut ensuite frappé d’indignité nationale par arrêt du 15 août 1945. Il fut condamné à la confiscation de ses biens et à la peine de mort.
Sa peine fut commuée en emprisonnement à perpétuité par le général de Gaulle, alors chef du Gouvernement provisoire de la République française.

Là haut…

« Plus près de toi, mon Dieu »

Ce matin, ont commencé les travaux visant à sécuriser les boules en pierre situées à la base des croix des parties sommitales de la cathédrale de notre bonne ville de Bayeux par la mise en place de dispositifs en fer forgé.

Utopiales 2018 : les tables rondes

La semaine passée, j’étais aux Utopiales, l’excellent festival de la science-fiction de Nantes. J’y ai eu le plaisir, l’honneur et l’avantage de participer à deux tables rondes.
Et, ô joie supplémentaire, elles sont à présent disponibles sur le net :

 

– LES DANGERS D’UNE METAPHORE POLITIQUE : LE CORPS SOCIAL

On se souvient de l’apologue d’Ésope, comparant l’état à un corps dont les citoyens seraient les membres et le gouvernement l’estomac. Cette métaphore utilisée par Agrippa aurait préservé la paix civile à Rome. La société est donc vue comme un complexe vivant interdépendant. Mais que signifie ce « corps » ? Que devient-il à l’heure
du numérique ? Les élites ont-elles encore le sentiment d’y appartenir ?

Avec : Valérie Mangin, Norman Spinrad, Vincent Bontems, Colin Pahlisch
Modération : Éric Picholle

– LE MONDE AVEC SECURITE ENFANT

Le mode d’emploi de votre micro-ondes vous enjoint de ne pas mettre bébé à sécher dedans, ni les chatons dans la machine à laver, sans parler des photos abominables qui transforment votre paquet de cigarettes en morgue un peu spéciale. Entre sécurité réelle, prévention, principe de précaution et idiocracy, où va le monde ? Que peut prévoir l’accidentologie ? Qu’en dit la science-fiction ?
Avec : Valérie Mangin, Kij Johnson, John Scalzi
Modération : Jérôme Vincent

Les très riches Heures : novembre

Vous n’espériez pas y échapper, n’est-ce pas ?

Ce mois-ci, les très riches Heures du duc de Berry représentent une scène de glandée. le paysan donne des coups de bâton dans les branches des chênes pour faire tomber les glands et nourrir son troupeau de cochons qui, abattu et salé, le nourrira tout l’hiver.
En général, cette activité est autorisée par le seigneur qui possède le bois de la Saint-Rémi, le 1er octobre, à la Saint-André, le 30 novembre.

Le paysage vallonné qui se trouve à l’arrière-plan est parfois rapproché de celui de la Savoie. Cette illustration n’aurait alors pas été réalisée par les frères Limbourg pour le duc de Berry mais par leur successeur, Jean Colombe, alors au service de Charles 1er de Savoie.

Pour découvrir les autres mois : juillet, août, septembre, octobre ainsi qu’une fête chrétienne illustrée dans le livre : l’Ascension

 

Osamu Tezuka

Le 3 novembre 1928 naissait à Toyonaka, le maître du manga, Osamu Tezuka.

Comme son père possédait un projecteur de film, il eut accès très jeune aux films de Charlie Chaplin et à ceux de Walt Disney. Il fut particulièrement marqué par « Bambi » et cela influença ensuite grandement son style graphique.

Il commença aussi à dessiner dès l’enfance et publia ses premiers mangas dès 1946. Il continua tout en entamant des études de médecine à l’université d’Osaka. Dès 1947, il rencontra son premier succès avec « La Nouvelle Île au trésor » réalisée en collaboration avec Shichima Sakai. Ils en vendirent plus de 400 000 exemplaires.

En 1952, Tezuka créa « Astro Boy » qui fit rêver des générations d’enfants tout autour du monde :

Pour répondre aux impératifs de productivité du manga, Tezuka alla s’installer à Tokyo en 1953 à la villa Tokiwa. Il s’y entoura de toute une équipe de dessinateurs qui l’assistaient dans ses planches: ils cherchaient la documentation, faisaient les décors, les trames…

Huit ans plus tard, Tezuka fonda des studios d’animation : Mushi production. Cette indépendance lui permit d’innover autant qu’il le voulait et de développer des courts métrages expérimentaux comme « Tableaux d’une exposition » en 1966. Parallèlement, Tezuka adapta ses manga en dessins animés. Astro Boy devint en 1963 la première série animée à diffusion hebdomadaire. Deux ans plus tard, « Le Roi Léo » fut une des premières séries en couleurs.
Malheureusement, les studios Mushi firent faillit en 1973. Tezuka dut fonder une nouvelle société : Tezuka Productions.

Il continua à dessiner jusqu’à sa mort le 9 février 1989 à Tokyo. « Dieu du manga », il reçut des funérailles nationales.

Au total, Tezuka et ses studios réalisèrent plus de 700 œuvres originales, plus de 170 000 pages dessinées et environ 70 séries animées, longs et courts métrages d’animation.
Ils abordèrent un grand nombre de thèmes historiques, fantastiques et même religieux (« La Vie de Bouddha »). Ils publièrent autant pour le jeune public que pour les adultes. « L’Histoire des 3 Adolfs » ou « Ayako » sont autant de fictions dramatiques sur les errements des hommes pendant et après la Seconde Guerre Mondiale.

Plus de 120 millions mangas ont été vendus depuis la mort de Tezuka.

Hors du Japon, ses œuvres connurent également un grand succès, même si les réticences, si ce n’est les oppositions furent nombreuses. Disney s’opposa ainsi longtemps à la diffusion des séries animées du mangaka par crainte de la concurrence qu’elles représentaient pour ses propres productions.
En France, les séries animées « Astro » mais aussi « Princesse Saphir » et « Le Roi Léo » furent diffusées seulement dans les années 80. Quelques mangas furent aussi publiés à cette époque mais dans une indifférence assez générale. Il fallut attendre les années 2000 pour que les traductions se multiplient et connaissent une diffusion plus importante.

Jour des défunts

ou Commémoration des fidèles défunts. Cette fête catholique du 2 novembre est souvent confondues avec celle de la Toussaint qui a lieu normalement la veille.

Comme le 1er novembre est férié en France, on a pris l’habitude d’aller déposer des fleurs, en général des chrysanthèmes, sur les tombes ce jour-là. Elles remplacent les flammes des bougies depuis le XIXe siècle et surtout depuis 1919. Cette année-là, Clemenceau invita les Français à aller fleurir les tombes des soldats morts pendant le 1ère Guerre Mondiale, le 11 novembre. On glissa ensuite du 11 au 2 novembre tout en fleurissant de plus en plus de sépultures.

La fête elle-même est beaucoup plus ancienne. Elle fut instituée par Odilon, abbé de Cluny, en 998 pour demander à Dieu de délivrer les âmes des Chrétiens du Purgatoire, l’endroit où elles se purifient et expient leur péchés avant d’accéder au paradis.
Approuvée par la pape Léon IX au siècle suivant la commémoration des défunts se répandit ensuite dans toute la Chrétienté.

Ci-dessous :
– La Toussaint par Emile Friant, 1888, Musée des Beaux-Arts de Nancy. (Pour ceux qui sont de Nancy, comme moi, c’est le cimetière de Préville qui est représenté)

La Toussaint

Le 1er novembre, les catholiques célèbrent la Toussaint, la fête des tous les saints reconnus comme tels par l’Église ou restés inconnus.

Dès la fin de l’Antiquité, les saints étaient fêtés à Rome et en Orient mais le dimanche après la Pentecôte. Cette célébration demeure d’ailleurs dans les églises orthodoxes.

En Occident, la fête passa au 13 mai au VIIe siècle quand le pape Boniface IV transforma le Panthéon romain en église et le consacra à cette date à Sainte Marie et à tous les Martyrs. Il ne choisit pas cette date au hasard : le 13 mai était la date de la fête païenne des Lemuria pendant lesquelles on conjurait tous les mauvais spectres.

Pourtant, dès le siècle suivant, le pape Grégoire III dédia à son tour une chapelle de la basilique Saint-Pierre à tous les saints un 1er novembre et les célébrations furent déplacées à cette nouvelle date. Elles ne bougèrent plus. En 835, Grégoire IV ordonna avec succès que la fête soit célébrée dans toute la chrétienté.
Peut-être ce choix du 1er novembre est-il une conséquence de l’influence importante des moines irlandais à l’époque : ils auraient voulu remplacer la fête celte de Samain, marquant le début de la nouvelle année, par une fête catholique.
En 998, les moines de Cluny la firent suivre d’une fête des morts le 2 novembre.

Ci-dessous :
– L’Adoration de la Trinité par Albrecht Dürer, 1509-1511, Kunsthistorisches Museum, Vienna. Cette œuvre fut créée pour la chapelle de la Sainte Trinité et de tous les saints d’une institution charitable de Nuremberg.

Halloween

Célébrée dans la soirée du 31 octobre, veille de la Toussaint chrétienne, Halloween est une fête d’origine païenne, provenant des îles anglos-celtes.

Son nom est une contraction de l’anglais (et non du Celte) « All Hallows-Even » = « the eve of All Hallows’ Day » = « la veille de tous les saints ». Cependant, la plupart des historiens du folklore européen considèrent Halloween comme une survivance de Samain, une fête célébrée au début de l’automne par les Celtes qui marquait plutôt pour eux le nouvel an.
la nuit de Samain n’appartenait ni à l’année qui se terminait ni à celle qui commençait. C’était le moment où l’autre monde se confondait avec le monde réel et où les mortels pouvaient communiquer avec les morts et les divinités.

De leur côté, les catholiques ont commencé à commémorer les martyrs à Rome à partir de 619. Ils le faisaient le 13 mai, jour des anciennes Lemuria, pendant lesquelles les Romains païens conjuraient les mauvais spectres. Mais, au IXe siècle, le pape Grégoire IV transforma cette fête en célébration de tous les saints et la déplaça au 1er novembre, peut-être pour christianiser Samain et ses équivalents locaux.
Puis, en 998, les moines de Cluny commencèrent à célébrer tous les fidèles morts le 2 novembre. Rome adopta officiellement cette fête des défunts au XIIIè siècle.

Mais la fête du 31 octobre, resta toujours une fête très populaire en Irlande, en Écosse et au Pays de Galles. D’ailleurs Jack-o’-lantern, la citrouille lanterne, est elle-même dérivée d’une légende irlandaise.
Jack aurait été un ivrogne, un avare qui joua plusieurs fois des tours pendables au diable. A sa mort, il ne put donc entrer ni au paradis, ni en enfer : il fut condamné à errer éternellement avec un navet creusé et contenant un charbon ardent pour s’éclairer.

Au XIXe siècle, apparut, toujours en Irlande et en Écosse, une nouvelle tradition : les enfants allaient de maison en maison pour prier et chanter en échange de « soul cakes ». Cela s’exporta aux État-Unis et au Canada en même temps que le reste de la fête d’Halloween avec l’arrivée massive d’émigrants irlandais et écossais sur le sol américain, notamment à la suite de la Grande famine en Irlande (1845-1851). Vers 1930, cette pratique y devint le « trick-or-treating ». Aujourd’hui, les enfants se déguisent toujours en petits monstres et visitent toujours leur quartier orné de squelettes, de citrouilles maléfiques et de chapeaux de sorcières pour récolter des bonbons.

En France, la célébration d’Halloween s’est développée surtout dans les années 90 du siècle dernier à l’initiative de quelques grandes marques. Mais, vue surtout comme un phénomène commercial et marketing, elle s’est essoufflée progressivement (jusqu’à son retour en force grâce à un prochain effet de mode ?).
Les églises chrétiennes cherchent d’ailleurs à en décourager la célébration qui concurrence pour eux la Toussaint et la fête des morts.


Ci-dessous :

– Citrouille d’Halloween, © Corbis

– Le président Kennedy rit devant les costumes d’Halloween de ses enfants en 1963, © Corbis