Le printemps sacré

Aujourd’hui, c’est le premier jour du printemps. C’est l’occasion de vous parler d’une coutume antique aussi brutale qu’étonnante : le printemps sacré, « ver sacrum » en latin.

Il s’agit d’une pratique expiatoire attestée en Italie et parmi les peuples indo-européens au début de l’Antiquité. Quand un désastre militaire ou une famine advenait, on cherchait à se concilier les dieux en leur consacrant tout ce qui naissait dans l’année : les récoltes, les animaux mais aussi les enfants. Ils devenaient « sacrés » et n’avaient plus leur place dans la communauté. Arrivés à l’âge adulte, ils étaient donc chassés de leur cité et devaient aller ailleurs fonder la leur.

Cette mesure brutale en évitait peut-être une autre encore pire : leur sacrifice aux dieux. Sans doute aussi était elle une forme de régulation démographique, même si cet aspect n’est pas mis en avant. Le géographe Strabon parle ainsi de jeunes Sabins consacrés à Mars qui leur envoya un taureau pour les guider vers le sud. Là, après avoir vaincu et chassé la population locale, ils sacrifièrent l’animal au dieu et devinrent le peuple samnite.

Ces rites très violents perdurèrent ensuite à Rome sous une forme atténuée. En 218 avant notre ère, après la défaite de Trasimène contre Carthage, on consacra tout aux dieux sauf les chiens, les chevaux et bien sûr les enfants.

Ci-dessous : le sacrifice d’un taureau dans Alix senator, tome 3.

Publié le Catégories Bande dessinée, Éphéméride, Histoire antique
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Auguste, grand pontife

Le 6 mars 12 avant notre ère, Auguste devenait pontifex maximus (“le plus grand prêtre”) de la religion romaine. C’était le dernier pouvoir important dans l’Etat romain qui lui échappait encore. Il est alors vraiment “empereur” au sens où nous l’entendons. La République est définitivement terminée.

C’est pour cela que j’ai choisi cette date symbolique pour commencer Alix senator. Rome entre dans une nouvelle ère, Alix aussi !

Ci-dessous, Alix senator, tome 1.

Tsukasa Hōjō , de Cat’s eye à City hunter

Le 5 mars 1959 nait à Kokura, le futur mangaka Tsukasa Hōjō. Même si vous ne l’avez pas lu, vous avez forcément vu les dessins animés tirés de ses œuvres si vous avez été ado dans les années 80/90.

De 1981 à 1985, il a réalisé sa première série à succès Cat’s eye qui met en scène les tenancières d’un café, le Cat’s eye, qui se transforment en redoutables voleuses après la fermeture. Voleuses pour la bonne cause, bien sûr, puisqu’elles ne s’emparent que des œuvres d’art produites par leur père mystérieusement disparu, dans l’espoir de le retrouver un jour.

Ce manga terminé, Tsukasa Hōjō commencea une autre comédie: City hunter (Nicky Larson dans la version française de l’adaptation animée). 35 volumes ont été réalisés de 1986 à 1992. Ryô Saeba, notre « Nicky Larson », sorte de détective/garde du corps/mercenaire vient en aide aux jeunes femmes qui lui plaisent… un peu trop au goût de sa partenaire, Kaori. Bien sûr, ils sont amoureux l’un de l’autre et bien sûr, aucun d’eux ne l’avouera avant la fin de la série.

Depuis Tsukasa Hōjō a réalisé Angel heart, une série parallèle à City hunter, F.Compo, une comédie familiale et de nombreuses histoires courtes.

Fils des âges farouches

C’est le 3 mars 1969 qu’est apparu pour la première fois Rahan dans le journal Pif Gadget.
Ses aventures écrites par Roger Lécureux et dessinées par André Chéret l’ont mis aux prises avec de dangereux sorciers prompts à abuser des désirs et des peurs de « ceux qui marchent debout », des fauves de toutes sortes et même… des dinosaures ! Avec ses seuls colliers de griffes et coutelas en ivoire qui ont fait rêver des générations d’enfants, il a exploré le monde à la recherche de la « tanière du soleil » jusqu’en 2010.
Entre temps, Pif Gagdet a disparu, Chéret a été en procès avec son éditeur, Vaillant, la série a rechangé plusieurs fois de maison d’édition et Roger Lécureux est mort en 1999, laissant la place à son fils, preuve que dans la réalité comme dans la fiction Rahan était prêt à survivre à tout.

Ci-dessous : Rahan découvert par Crâo qui deviendra son père adoptif et lui donne son nom.

M’enfin !

Le 28 février 1957, un nouvel (anti-)héros arrive dans le n°985 du Journal de Spirou : Gaston. Dessiné par André Franquin, il a été annoncé les semaines précédentes par de mystérieuses traces de pas dans les marges du journal. S’il porte alors le costume et le nœud papillon, il prend le look décontracté qu’on lui connaîtra jusqu’à la fin de la série dès le 15 mars.

Pourtant, il faut attendre le 25 avril pour que Fantasio, l’ami de Spirou qui est aussi le secrétaire de la rédaction fictionnel du journal, explique sa venue : Gaston ne se souvient plus de qui l’a embauché mais il est sûr que c’était pour un emploi de « héros de Bande Dessinée ». Malheureusement, personne ne se rappelle non plus avoir pensé à lui pour l’intégrer dans une des séries du journal. Gaston est donc le premier « héros sans emploi » de l’histoire de la Bande Dessinée. Par défaut, il finit par intégrer le service courrier de la rédaction du journal. La multitude ses gaffes finira par lui valoir un nom de famille et… ravir les lecteurs: Gaston connaîtra les joies de l’album dès 1960. Franquin n’arrêtera sa série qu’en 1991.

 

Une incursion dans le manga

Je peux enfin vous en parler, grâce à Frederic Toutlemonde se concrétise une envie qui me tenaille depuis j’ai découvert le manga : écrire pour la BD japonaise.

Ces derniers mois, j’ai en effet scénarisé un hommage à Osamu Tezuka sous la forme d’une courte variation sur son œuvre majeure (qui est aussi une de mes préférées) : La Vie de Bouddha. Elle est en train d’être dessinée par mon talentueux camarade de l’Atelier virtuel, Brice Cossu et paraîtra au Japon dans le magasine Tezucomi de cet été.

Bref, je suis bonheur et joie.