Podcast : Bulles d’Histoire

Retrouvez-moi à toute heure du jour et de la nuit sur le podcast Bulle d’Histoire de la radio Art disctrict. J’ai eu le plaisir de d’y être interviewée, il y a quelques jours, par Stéphane Dubreil pour parler de l’Esclave de Khorsabad et du “succès d’Alix senator” en général. Un grand merci à lui !

C’est par ici: Podcast Bulles d’Histoire: le succès d’Alix senator

Une bande dessinée du XVe siècle

Fra Angelico, un des plus grands peintres du Quattrocento mort à Rome le 18 février 1455, a réalisé les trois séries de panneaux que je vous montre ci-dessous.

Représentant des scènes de la vie du Christ, elles forment une curieuse bande dessinée archaïque. Chaque « case » qui fait à peu près la taille d’un vinyle, est encadrée par deux « cartouches » qui l’explicitent. Celui du bas contient une sentence évangélique et celui du haut un texte de l’Ancien Testament.

À l’origine, ces panneaux ornaient l’armoire recevant les offrandes précieuses destinées à la fresque « miraculeuse » de l’Annonciation de l’église de la Santissima Annunziata de Florence. Ils ont été peints vers 1450-1452 et sont aujourd’hui conservés au Musée de San Marco de la ville.

[PODCAST] Les Enquêtes du Louvre – Les Taureaux ailés de Khorsabad

Amis amateurs d’art (et de malédiction) antique, pour tout savoir sur la mystérieuse Khorsabad, où Alix Senator a vécu sa dernière aventure, retrouvez-moi sur ce réjouissant podcast réalisé par Martin Quenehen, avec Ariane Thomas, directrice du département des Antiquités orientales du Musée du Louvre, Michael Rakowitz, artiste et Lionel Marti, archéologue et assyriologue au Collège de France.

“Dans la cour Khorsabad, deux gigantesques taureaux ailés à tête d’homme nous observent. Sculptés il y a près de trois mille ans, ils ont quelque chose de tranquille et même de bienveillant. Ils sont cependant porteurs d’une terrible malédiction. Une malédiction qui a frappé les ennemis du roi assyrien Sargon II, leur « maître », mais qui lui a peut-être aussi coûté la vie.”

Pharaon de Duchâteau et Hulet

En revoyant la case du prochain Alix Senator que j’ai postée il y a quelques jours pour vous annoncer la sortie de l’album en août prochain, j’ai soudainement repensé à la série Pharaon des regrettés André-Paul Duchâteau et Daniel Hulet.
Elle est parue en album au tout début des années 80, mais je l’ai lue plutôt vers 1991-92. J’ai été surtout marquée par les albums L’incarnation de Seth et Des ombres sur le sable. Je viens de les refeuilleter avec un grand plaisir. Voici quelques doubles pages du premier récit pour vous faire partager ma nostalgie

Sortie d’Alix senator le 25 août 2021

Vous n’aurez pas longtemps à attendre avant de retrouver les prochaines aventures du sénateur Alix en librairie. “Le Disque d’Osiris”, le tome 12 d’Alix Senator sera disponible dès le 25 août prochain.
En attendant, voici la toute première case de l’album. Vous voyez, elle se déroule dans la nécropole d’Abydos, la ville consacrée au dieu Osiris. De là à dire qu’il sera très présent dans l’album…

Alix classique rencontre Alix senator

Avant d’être un respectable sénateur, Alix a commencé sa carrière en jeune héros plein de fougue et avide de justice. La série classique n’a jamais cessé de paraître et je me suis dit que ce serait un exercice passionnant de la faire se croiser avec Alix Senator, bien qu’elles se passent à des décennies d’écart. J’ai donc proposé aux héritiers de Jacques Martin et aux éditions Casterman de commencer une histoire dans Alix classique, et de la finir dans Alix Senator.

C’est l’occasion d’écrire mon premier Alix classique. Cette première partie du diptyque, avec le jeune Alix donc, est en train d’être réalisée par un dessinateur nouveau dans le péplum : Chrys Millien. Vous pouvez découvrir ci-dessous ses premières cases avec le duo de héros et Brutus, leur compagnon pour l’occasion. Cet album s’appelle “L’Œil du minotaure”. Il sortira le 10 novembre 2021. Il a une vraie fin et peut se lire seul.


Mais, si vous en voulez plus, vous pourrez retrouver notre Alix plus âgé pour la suite de cette histoire dans le Alix senator 13 qui sortira en 2022. “L’Antre du minotaure” sera comme toujours dessiné par Thierry Démarez et mis en couleur par Jean-Jacques Chagnaud. C’est aussi une histoire complète qui pourra se lire sans connaître la série classique et s’intégrera normalement à la série Alix senator, comme si de rien n’était.

Vous le devinez, réussir ce double récit à suivre mais pas à suivre est un sacré challenge, mais sinon, où serait le plaisir ?

Abymes et l’École des Chartes

C’était en 1998 dans les locaux de la Sorbonne. J’avais les cheveux rouges, je soutenais ma thèse d’archiviste paléographe et je ne savais pas encore que j’allais devenir scénariste de Bande Dessinée. Toute une époque ! 🙂
Des années plus tard, j’ai raconté cette soutenance (ou presque) dans le tome 3 d’Abymes réalisé avec Denis Bajram.
Et voilà qu’une case de cette page se retrouve aujourd’hui dans le livre publié par l’École des Chartes, « mon » école et surtout celle des conservateurs d’archives, de bibliothèques et de musées pour fêter son bicentenaire. La boucle est bouclée.

Tibère et Agrippa Postumus

Tibère, fils de Livie et successeur d’Auguste, est né à Rome le 16 novembre 42 avant notre ère.

Vous le voyez ci-dessous en buste ainsi que dans une page du tome 3 d’Alix senator. Elle parle d’une autre naissance, celle d’Agrippa Postumus, dernier petit-fils d’Auguste et donc futur rival de Tibère au trône impérial. Inutile de dire que le nourrisson devenu jeune homme fut éliminé dès la mort de son grand-prêtre, peut-être sur l’ordre de celui-ci qui ne l’aimait pas ou bien sur celui de Tibère et Livie qui voulaient assurer leur tranquillité future.

 

Khorsabad

Après le désastre de Carrhes, Alix est emmené comme esclave à Khorsabad. Ce n’est pas une cité inventée par Jacques Martin mais une vraie ville antique disparue.

Appelée plus justement aujourd’hui Dur-Sharrukin, la « Forteresse de Sargon », elle était située au nord de l’Irak actuel et avait été fondée par un peuple beaucoup plus ancien que les Parthes : les Assyriens.

Extrait de l’Esclave de Khorsabad, Alix senator 11, éditions Casterman

Malgré son nom, Dur-Sharrukin était une vraie ville destinée à devenir la capitale de son créateur, Sargon II. Murailles, palais royal, temples, ziggourat, maisons avaient été construits très rapidement : de 717 à 705 av. J.-C. Le roi avait financé ce chantier colossal en obtenant des prêts de ses dignitaires, en vendant une partie du Trésor royal et… en pillant en 714 le temple de la cité sainte de Musasir. Il s’était même vanté d’en avoir ramené plus de trois cent mille objets de valeur et plusieurs tonnes de métal précieux ! Bien sûr, ce qu’il en a fait dans L’Esclave de Khorsabad est une invention de ma part.

Malheureusement pour lui, Sargon mourut mystérieusement peu après l’inauguration de sa ville. Son fils, Sennachérib, ne s’y intéressa pas. Il préféra s’installer à Ninive, une cité toute proche, beaucoup plus ancienne et prestigieuse. La ville fondée par Sargon ne se développa donc jamais vraiment. Elle fut sans doute été abandonnée dès 612, quand le royaume assyrien s’effondra.