La bataille des Champs catalauniques

Le 20 juin 451, le patrice des Romains Flavius Aetius mettait fin à la chevauchée destructrice d’Attila en Gaule au Cahmps catalauniques.

On est loin des batailles traditionnelles comme Carrhes dont je vous ai parlé il n’y a pas longtemps. Ici sont face à face des combattants issus des peuples vaincus par les Huns (Ostrogoths, Ruges, Gépides…) contre, non pas des légions romaines, mais des milices hétéroclites rassemblées autour d’une troupe d’Alains et surtout de l’armée des Wisigoths alliés de Rome. Certains auteurs ont parlé de lutte fratricide entre peuples des steppes.

Les pertes furent sans doute très lourdes. L’historien espagnol Hydace, qui n’avait pas peur d’exagérer, parle même quelques années plus tard de 300 000 morts.
Quoi qu’il en soit, le répit fut de courte durée pour Rome: Attila revint en Occident dès l’année suivante et… attaqua directement l’Italie.

Seule sa mort délivra l’empire de sa menace en 453. Aetius ne lui survécut pas longtemps. Trop riche, trop populaire et devenu inutile à la disparition du roi hun, il fut poignardé de la main de son propre empereur, Valentinien III, en 454.

J’ai raconté ou plutôt réinventé cette histoire sous la forme d’un space opera. C’était dans le Fléau des Dieux avec Aleksa Gajic . Le rôle d’Aetius, sous le casque doré, était tenu par une jeune femme Flavia Aetia.
Voici deux des pages qui illustrent les Champs catalauniques dans le tome 4 dans la série parue aux Éditions Soleil.

Le Cheval de Troie

Troie est tombée face aux Achéens exactement le 11 juin 1184 avant notre ère… Enfin si on en croit l’astronome Ératosthène de Cyrène qui dirigeait la grande bibliothèque d’Alexandrie au IIIᵉ siècle avant Jésus-Christ.
Je vous avoue que je ne sais pas très bien comment il est arrivé à une conclusion aussi précise (surtout parlant d’une guerre dont le caractère mythique ne fait pas de doute, même si son récit s’appuie sans doute sur des événements historiques).
Mais cela me donne l’occasion de vous montrer ce détail d’un pithos, une grande jarre à fond étroit, trouvé à Mykonos en Grèce. Elle date de 670 environ avant Jésus Christ. C’est une des plus vieilles représentations connue du fameux cheval de Troie qui perdit la ville.

Saturne dans le Fléau des dieux

Je ne pouvais quand même pas passer à côté d’un personnage aussi ambivalent et riche que le dieu Saturne. Il n’est pas encore apparu dans Alix Senator mais c’est un personnage très important du Fléau des dieux, la série d’Antiquité galactique que j’ai réalisée avec Aleksa Gajic, il y a quelques années.

Virgile

Le 15 octobre 70 avant J.C. est né le futur poète Vigile à Andes au nord de l’Italie, ville renommée depuis Virgilio en son honneur.

Sa famille est aisée : son père est un propriétaire terrien qui vit de l’agriculture et de l’apiculture.

Premières œuvres

Virgile rendra hommage à toutes ses activité dans les « Géorgiques », un poème didactique achevé en 29 avant J.C., marqué par l’empathie de son auteur pour les paysans mais aussi son amour de la nature, des animaux et des plantes.
Elle transparaîtra aussi dans les « Bucoliques », un recueil de poèmes en forme de dialogues entre des bergers paru en 37 avant J.C.

Entre philosophes et poètes

Le poète n’a pourtant pas passé sa vie à la campagne. Sa jeunesse est marquée par de solides études en lettres, droit, médecine, mathématique. Il va même à Naples suivre l’enseignement de professeurs de rhétorique et de philosophie grecs, proches des épicuriens. Ces derniers professent que seuls les plaisirs naturels et nécessaires permettent d’atteindre le bonheur, c’est-à-dire surtout l’absence de souffrance et la sérénité de l’esprit. A cela, ils ajoutent non seulement que tout est composé d’atomes indivisibles et que les mondes comme la terre sont en nombre infini mais aussi, que les dieux, s’ils existent bien, se désintéressent des humains qui doivent aussi se désintéresser d’eux…
Inutile de dire que cette philosophie était déjà très controversée dès l’Antiquité.

Très jeune, Virgile fréquente aussi les plus célèbres poètes de son temps : Cornelius Gallus, L. Varius Rufus (qui sera l’éditeur de l’Enéide) ou Catulle. C’est sans doute par lui qu’il entre en contact avec celui qui deviendra son protecteur : Asinius Pollion. Malheureusement celui-ci prend le parti de Marc Antoine contre Octave pendant les guerres civiles. Le domaine familial de Virgile est confisqué et le poète met plusieurs années à se réconcilier avec le futur Auguste.

L’Énéide

En 29 avant J.C., Virgile commence ce qui deviendra son chef d’œuvre : l’Enéide, une épopée retraçant les aventures du prince troyen Enée de la chute de sa ville à son installation en Italie où ses descendants fonderont Rome. Dès l’Antiquité, elle rivalisera en notoriété avec ses modèles l’Iliade et l’Odyssée d’Homère. Pourtant son but est éminemment politique : montrer que Rome est destinée dès l’origine à dominer le monde et surtout que son Histoire va trouver son apogée avec Auguste et la paix universelle dont il est porteur.

Malheureusement, alors qu’il recherche de la documentation en Grèce, Virgile est victime d’une insolation. Il meurt peu après son retour dans le sud de l’Italie en 19 avant J.C. Il avait demandé que son œuvre, inachevée, soit brûlée mais l’empereur s’y oppose et la fait publier.

Le corps du poète fut brûlé et ses cendres déposées à Pouzzole. Aujourd’hui, la tradition veut toujours que son tombeau se trouve à l’entrée de la crypta neapolitana, un de ses tunnels romains dont je vous ai déjà parlé.


Ci-dessous :

– Virgile écrivant l’Énéide entre Clio, la muse de l’Histoire et Melpomène, la muse de la Tragédie, mosaïque du IIIè siècle conservée au musée national du Bardo, Tunis

– le tombeau de Virgile ©http://www.bellanapoli.fr

– la première page du Dernier Troyen, ou l’Enéide en version galactique réalisé avec Thierry Démarez, édition Soleil.

Lundi, mardi, mercredi…

Aujourd’hui encore, les jours de la semaine tirent leur nom des anciens dieux greco-romains ou plutôt des corps célestes qui leur étaient associés, sauf le samedi et le dimanche dont je vous reparlerai.

Nous sommes les héritiers directs de la semaine de 7 jours adoptées par les Romains entre le 1er et le 3è siècle de notre ère (auparavant les Romains avaient des cycles de 8 jours). Ils nommèrent chaque journée en fonction du corps céleste qui présidait à son début selon l’astrologie hellénistique.
On a donc à Rome : le jour de la lune = Lunae dies (devenu notre lundi), le jour de Mars = Martis dies (mardi), celui de Mercure = Mercurii dies (mercredi), celui de Jupiter = Jovis dies (jeudi), celui de Vénus = Veneris dies (vendredi), celui de Saturne = Saturni dies et celui du soleil = Sol dies.

De nos jours, notre « samedi » évoque le « Saturni dies » mais dérive aussi lointainement du latin « sabbati dies » : le « jour du shabbat », le jour sacré du repos, dans la religion juive.
Quant à notre « dimanche », il provient du latin « dies Dominicus », le jour du Seigneur des Chrétiens.

Comme nous sommes lundi, voici la déesse Diane, assimilée à la Lune, combattant un monstre marin avec Neptume dans le tome 6 du Dernier Troyen ( dessin Thierry Démarez, Soleil prod.)
Neptune n’était pas une planète observée dans l’Antiquité, pas plus qu’Uranus ou Pluton. Aucune n’a donc donné son nom à un jour de la semaine.

Des ex-libris à Terrasses BD 

Le week-end prochain, Denis et moi signons nos albums à Antibes avec tous les copains de notre atelier virtuel.

Comme ça fait une éternité que nous ne sommes pas venus dans le sud, nous en avons profité pour sortir quelques ex libris de notre coffre aux trésors. Nous vous en offrirons un à chacun pendant les séances de signature.

Pour Denis, ce sera essentiellement du Universal War (bien sûr). Pour moi, je vous propose des illustrations du Fléau des dieux, du Dernier Troyen, de Luxley et de Petit Miracle. Vous pouvez les voir ci-dessous. Il y en aura 3 de chaque. Je les donnerai aux premiers qui m’amènerons des tomes de ces séries.

Pour les fans d’Alix, j’aurai aussi quelques cartes postales Alix senator vu qu’il n’y a aucun ex-libris sur la série, la mode étant passée entre temps 🙂

Vestalia

Du 7 au 15 juin avaient lieu à Rome les vestalia, les fêtes en l’honneur de la déesse Vesta, maîtresse du feu sacré de Rome.

Les cérémonies se déroulaient dans son temple où on ouvrait le « penus Vestae », le sanctuaire, habituellement dissimulé derrière un rideau. Là, se trouvaient tous les objets sacrés liés au culte et surtout les Pénates, les gardiens archaïques du foyer, du peuple romain.

Les matrones y entraient pieds nus et cheveux dénoués pour y demande la bénédiction de la déesse pour elles et leurs familles. Elles apportaient en échange de multiples offrandes dont le foetus d’un veau retiré directement du ventre de sa mère (bon appétit !)
Le dernier jours, le penus était refermé et le temple solennellement nettoyé et purifié.

A partir du IIè siècle avant Jésus-Christ, les vestalia devinrent aussi la fête des boulangers, des meuniers et même des ânes (eh oui 🙂 ) qui fabriquaient ou transportaient la farine destinée aux sacrifices religieux.