Fdj : Élisabeth Vigée Le Brun

Élisabeth Vigée Le Brun naît le 16 avril 1755 à Paris d’un père pastelliste qui meurt stupidement douze ans plus tard après avoir avalé une arrête de poisson.

Très tôt passionnée par le dessin et la peinture, « Mlle Vigée » se fait rapidement remarquer : elle entre à l’Académie Saint-Luc dès 1774 et est admise à travailler à la cour de Louis XVI deux ans plus tard. Son agent, Jean-Baptiste Lebrun, un joueur et un libertin notoire, la demande en mariage. Elle accepte contre l’avis de tout son entourage, sans doute pour se débarrasser de son beau-père qui a pour habitude d’accaparer tous les revenus tirés de la vente de ses tableaux.

Autoportrait de 1790, Florence, Corridor de Vasari.

En 1778, elle devient la peintre officielle de la reine Marie-Antoinette et commence à la peindre d’après nature. Elle va alors de succès en succès : elle ouvre une académie, une salle des ventes, tient un salon à la mode. En 1783, elle est même admise à l’Académie royale de sculpture et de peinture (contre la volonté du premier peintre du roi qui ne veut pas d’une femme, épouse de surcroit d’un simple marchand de tableau).

La Reine « en gaule », 1783, Collection of the prince Ludwig von Hessen und bei Rhein, Wolfsgarten Castle, Allemagne.

La même année, elle propose pour la première fois une œuvre au Salon : Marie-Antoinette à la rose. Le tableau fait scandale : la reine est représentée dans une robe en mousseline qui fait plutôt partie du linge de corps, des sous-vêtements de l’époque. Élisabeth Vigée Le Brun doit retirer son œuvre et accrocher un autre portrait de la reine dans une robe plus conventionnelle.

Elle est alors au sommet de la gloire et… de l’impopularité. Elle partage la mauvaise réputation de la reine et de la cour en général. On l’accuse d’avoir des liaisons avec plusieurs courtisans, des lambris d’or dans son hôtel, d’allumer son feu avec des billets de caisse ( = de banque)…

À l’été 1789, elle est hors de Paris quand des sans-culottes déversent du souffre dans les caves de son hôtel particulier et essaient d’y mettre le feu. En octobre, alors que la famille royale est ramenée de force à Paris, Élisabeth Vigée Le Brun quitte Paris avec sa fille, laissant tous ses biens à son mari. Elle va d’abord en Italie où elle reste plusieurs années puis voyage dans toute l’Europe en continuant à peindre abondamment pour gagner sa vie.

Elle ne rentre à Paris qu’en 1802. Mais elle peine à y retrouver sa place. Elle continue à voyager beaucoup jusqu’en 1809. Là, elle s’installe à Louveciennes et recommence à fréquenter les artistes à la mode. Mais elle ne retrouve jamais le succès qui fut le sien avant la Révolution. Son mari, dont elle a divorcé entre temps meurt en 1813 et elle sombre petit à petit dans la misère. Pire, elle perd progressivement la vue jusqu’à sa mort en mars 1842.

Autoportrait avec sa fille Julie, huile sur panneau, 1786, Le Louvre. Ce tableau fit également scandale à l’époque : on voit les dents d’Elisabeth. Ça c’est mal, c’est très mal : seuls les fous ou les ivrognes sourient ainsi… Les gens comme il faut sourient en serrant les lèvres.

Élisabeth Vigée Le Brun a peint au total 900 tableaux dont 660 portraits (une cinquantaine d’auto-portraits). Mais, si elle connaît un grand succès de son vivant, son style est jugé souvent « mièvre » au XIXe siècle par les historiens de l’art. Ils lui reprochent surtout d’être restée « royaliste » jusqu’à sa mort.

Elle est ensuite jugée très sévèrement par les féministes telles Simone de Beauvoir : « Au lieu de se donner généreusement à l’œuvre qu’elle entreprend, la femme la considère comme un simple ornement de sa vie ; le livre et le tableau ne sont qu’un intermédiaire inessentiel, lui permettant d’exhiber cette essentielle réalité : sa propre personne. Aussi est-ce sa personne qui est le principal — parfois l’unique — sujet qui l’intéresse : Mme Vigée-Lebrun ne se lasse pas de fixer sur ses toiles sa souriante maternité » (Le deuxième sexe, 1949)

Aujourd’hui, si la question de la maternité comme identité féminine et du narcissisme dans son œuvre demeure, les féministes la replacent davantage dans le contexte historique qui la vu naître et s’intéressent à sa place de « femme artiste » dans une société où l’étude des Beaux Arts est quasi interdite aux femmes, où les liens clientélistes sont essentiels et où la réputation personnelle et les relations avec les collègues masculins conditionnent toute une carrière.

Pallas et le centaure

Allégorie du jour :
“Pallas et le centaure” ou la Raison doit dominer les bas instincts ou ” Tu resteras chez toi tant qu’on te le demandera, nom de Zeus !”

Cette peinture allégorique peinte par Sandro Botticelli en 1482 sera à nouveau visible dès la fin du confinement au Musée des Offices de Florence.

Pallas est un autre nom de la déesse Athéna, divinité de la Sagesse, qui apaise ici de la main un centaure, chimère mi-homme – mi-cheval symbole dans l’Antiquité et la Renaissance de bestialité.

Gabrielle d’Estrée et une de ses sœurs

Tel est le titre de l’amusant tableau ci-dessous, peint par un anonyme vers 1594 et conservé au Louvre. Il est donc censé représenter à gauche, Julienne d’Estrées, duchesse de Villars et à droite sa sœur, la belle Gabrielle. Elles ont encore 5 autres sœurs et sont toutes de mœurs si légères que madame de Sévigné les surnommera « les 7 péchés capitaux ».

Gabrielle, d’abord maîtresse d’un ancien mignon d’Henri III, devient en 1590 celle du roi Henri IV (l’homme représenté à l’arrière-plan, un tissu rouge sur le sexe ?). Il la couvre de cadeaux comme le château royal de Montceaux-lès-Meaux ou le titre de duchesse de Beaufort. Mais Gabrielle a de plus hautes ambitions : elle veut devenir reine, épouser le roi, ce que symbolise peut-être la bague qu’elle tient de la main gauche.

Quoi qu’il en soit, séparé de la reine Margot depuis de longues années, Henri envisage très sérieusement de se remarier avec sa favorite. Le 23 février 1599, il le proclame même officiellement et lui offre l’anneau porté lors de son sacre.

Gabrielle est alors très impopulaire tant auprès du peuple qui la surnomme « la duchesse d’Ordure » que des nobles très catholiques car elle a soutenu la mise en place de l’Édit de Nantes. Promulgué en 1598, il donne aux protestants des droits tant civils que politiques et religieux et met fin de fait aux guerres de religion qui ensanglantent alors la France depuis 1562.

Mais la « mauvaise réputation » de Gabrielle n’est pas de nature à faire reculer le roi, d’autant qu’elle lui a déjà donné ce qui manque tant à son premier mariage : des enfants ou plutôt des héritiers pour le trône de France. Sur le tableau, le geste de la duchesse de Villars n’est sans doute pas seulement érotique: en pinçant le téton de Gabrielle, elle montre que celle-ci est enceinte ou vient tout juste d’avoir un bébé.

Pourtant, Gabrielle ne sera jamais reine. Enceinte du quatrième enfant d’Henri, elle se met à convulser dans la nuit du 9 au 10 avril 1599. Son visage noircit. Elle a de terribles douleurs au ventre. Elle meurt quelques heures plus tard. Le bruit court très vite qu’elle a été empoisonnée, mais on pense plutôt aujourd’hui qu’elle a été victime d’une éclampsie, une crise convulsive généralisée. Gabrielle est enterrée dans le chœur de l’église de l’abbaye de Maubuisson dirigée par sa sœur Angélique, un autre des 7 péchés capitaux.

Henri, lui, refuse bravement la proposition de la duchesse de Villars de succéder à sa sœur dans son lit. Mais, il se console très vite avec une autre jeune femme, Henriette d’Entragues. Il lui promet aussi le mariage à condition qu’elle accouche d’un fils. Elle ne meurt pas à cette occasion mais… fait une fausse couche. Henri n’a plus qu’à se résoudre à épouser Marie de Médicis, « la grosse banquière » comme la surnomme Henriette. Même si les deux époux ne s’entendront jamais vraiment Marie donnera au roi ce qu’il attendait, en plus d’une dot de 600 000 écus d’or : 6 enfants en 9 ans de mariage.

Fdj : Madame de Sévigné

Avec le festival d’Angoulême, voilà une semaine que je ne vous ai pas posté de portrait de femme. Alors, je vais m’y remettre avec un grand classique : Madame de Sévigné.

Marie de Rabutin-Chantal, future marquise de Sévigné, naît le 5 février 1626 à Paris dans une famille de vieille noblesse. Son ancêtre Mayeul de Rabutin possédait déjà des terres dans le Charolais au XIIe siècle. La petite fille reçoit une solide éducation, connaît l’italien, l’espagnol et assez bien le latin.

À 18 ans, elle épouse Henri de Sévigné, dont les aïeux, des nobles bretons sans titre officiel, se sont pourtant fait appelés barons puis marquis. Elle devient alors ainsi qu’elle le dit marquise « par approximation bien plus que par usurpation ».

Ce mariage n’est pas très heureux mais, « heureusement », dès février 1651, Marie de Sévigné devient veuve. Son mari meurt dans un duel pour… défendre l’honneur de sa maîtresse, madame de Gondran. Il laisse à son épouse deux enfants dont une fille, Françoise, qui deviendra la principale destinatrice des lettres qui rendront célèbres sa mère.

En effet, mariée en 1669 au comte Grignan alors lieutenant général en Provence, la jeune fille quitte Paris deux ans plus tard avec lui pour Aix-en-Provence. Comme elle s’ennuie beaucoup, la marquise entreprend de lui raconter la gazette de Versailles. Elle lui écrit quasiment trois ou quatre fois par semaine pendant près de 30 ans. Les deux femmes ne se reverront que 3 fois pendant toutes ses longues années.

Les lettres de la marquise, si elles constituent un témoignage poignant d’amour maternel, sont aussi des récits très vivants des principaux événements auxquels elle assiste : procès de Fouquet, mariage de la Grande Mademoiselle, mort de Turenne, disgrâce de Pomponne, mort de Condé, de Louvois… Elle y détaille longuement les costumes, les paroles, les gestes de chacun et nous renseigne involontairement sur les mœurs de son temps, le tout dans un style quasi parlé, avec beaucoup d’humour et d’émotion.

Mais il ne faut pas voir dans ses lettres des documents intimes et destinés à la seule lecture privée de madame de Grignan. Elles sont parfois même recopiées avant même le départ du courrier pour être lues en société, dans les salons littéraires de l’époque. Madame de Sévigné acquiert ainsi, de son vivant même, une réputation de grande épistolière. La première publication de quelques-unes de ses lettres a lieu tout juste un an après sa mort en 1697. Elles ne cesseront plus ensuite d’être rééditées.

Portrait anonyme de madame de Sévigné vers 1670

Fdj : Izumo no Okuni

Au début du XVIIe siècle, le shogun Tokugawa Ieyasu interdit la pratique du théâtre de kabuki aux femmes. Pourtant, c’est bien à l’une d’elle que l’on doit la fondation de cet art de la scène : Okuni.

Elle naît, peut-être vers 1572, dans une famille de serviteurs du grand sanctuaire shinto d’Izumo et part très jeune en tournée pour recueillir des fonds pour le temple. On la retrouve ainsi à Kyoto exécutant des yayako odori, « danse de bébé ».

Plus tard, elle rencontre le succès en exécutant de manière sensuelle (érotique ?) le nembutsu odori, une danse en l’honneur du bouddha Amida. Elle y interprète un jeune homme (mais oui) qui prie le bouddha après une rupture amoureuse et évoque son bonheur perdu.

Mais, c’est en 1603 qu’elle entre dans l’Histoire en devenant sur la scène du temple Tenman-gu de Kyoto un kabuki-mono, un rônin devenu brigand, qui flirte avec une serveuse. Aujourd’hui, « kabuki » a pris le sens de « danse-chant-technique » mais ce n’est peut-être qu’un dérivé de ce tout premier personnage théâtral.

Quoi qu’il en soit, ce spectacle originel regroupe des chants et des danses, mais sans raconter d’histoire particulière. Okuni, soutenue financièrement par un certain Sanzaburo Ujisato, le complexifie petit à petit et commence à y intégrer des éléments dramatiques.
Parallèlement, elle continue à souvent jouer des personnages masculins : samouraï, prêtre chrétien… sa troupe est d’ailleurs entièrement féminine.

Le genre remporte un grand succès populaire et se répand très vite dans tout le Japon, en particulier dans les bordels de luxe qui veulent distraire des clients cultivés.
C’est cela qui cause finalement l’interdiction du shogun, interdiction qui perdure jusqu’au XXe siècle.

Statue hommage à Okuni à Kyoto, dans le quartier Pontochō (2003).

Le Caravage

Le 29 septembre 1571 naissait à Milan un peintre qui m’a beaucoup marquée quand j’ai enfin vu ses œuvres « en vrai » pendant de mon voyage à Rome en 2014: Michelangelo Merisi da Caravaggio.
C’est évidemment son « goût des ténèbres » ainsi que la puissante de son réalisme qui m’ont frappée dans la solitude des galeries muséales ou la pénombre des églises.

Le Caravage connut un énorme succès dès les années 1600. Mais, en 1606, déjà bien connu de la justice du pape pour sa violence et ses excès, il tua un adversaire en duel. Il dut alors quitter Rome pour le sud de l’Italie et Malte. Il ne revint jamais dans la capitale italienne et mourut seulement quatre ans plus tard en Toscane toujours poursuivi par sa mauvaise réputation d’homme violent.

Elle lui valut d’être négligé par l’histoire de l’art jusqu’au début du XXè siècle, fait curieux autant qu’injuste vu l’influence qu’il eut sur de nombreux artistes postérieurs de Georges de La Tour (Post FB ) à Jacques Louis David dont « La Mort de Marat » s’inspire de la mise au tombeau conservée au Vatican et bien d’autres.

 

Les Saisons d’Archimboldo

Ça fait trop longtemps que je n’ai pas fait de statut « éphéméride ». Pour me faire pardonner, et puisque l’automne commence ce lundi 23 septembre, voici les Saisons du peintre milanais Giuseppe Arcimboldo.

Ces portraits grotesques d’hommes réalisés avec des fruits et légumes font rire depuis leur réalisation en 1573. L’empereur Maximilien II de Habsbourg les commanda à Archimboldo pour les offrir au puissant Auguste de Saxe dont les armes figurent sur la collerette de l’hiver.
Mais l’empereur ne voulait pas qu’amuser son allié. Il voulait surtout lui signifier tout l’étendue de son pouvoir et lui rappeler combien il lui était supérieur. L’empire Habsbourg se voulait alors semblable aux saisons : éternel et exerçant sa domination sur les hommes et tout le règne de la Nature.


Archimboldo, les saisons, 1573, musée du Louvre.
L’Hiver dialogue avec le printemps et l’été avec l’automne.
Les guirlandes de fleurs ont sans doute été ajoutées au XVIIe siècle.

L’esclave de Vélasquez

Diego Vélasquez (mort à Madrid le 6 août 1660), ce n’est pas que les Ménines ou le portrait du pape Innocent X. C’est plus de 150 œuvres répertoriées et sans doute beaucoup d’autres perdues. En choisir une seule à vous montrer n’était donc pas chose facile.

Finalement, j’ai pris ce (magnifique) portrait réalisé en 1649 à Rome. Vélasquez y avait été envoyé par le roi d’Espagne Philippe IV pour acheter des peintures pour lui. Il n’était pas venu seul. Il avait emmené avec lui son esclave maure Juan de Pareja. Ce dernier l’aidait dans son atelier sans doute depuis au moins une dizaine d’années. Il lui servit ici de modèle. Le tableau fut exposé dès mars 1650 dans le portique du Panthéon. Il remporta un énorme succès.
Peut-être est-ce cela qui incita Vélasquez a affranchir Juan de Pareja la même année, avec tout de même comme condition qu’il reste à son service quatre années supplémentaires. Ce temps révolu, l’ancien esclave se mit à son compte comme peintre indépendant et fit une belle carrière jusqu’à sa mort en 1670.

Ci-dessous donc : portrait de Juan de Pareja, 1649, Metropolitan Museum of Art, New York.

Du danger d’être un “athée évadé” en 1546

Il était très risqué d’être imprimeur au XVIe siècle. Rien qu’en 1546, 4 furent étranglés puis brûlés place Maubert à Paris. Parmi eux se détache Etienne Dolet exécuté le 3 août 1546, le jour de son trente-cinquième anniversaire.

Issu d’une famille bien en cour – on le dit même fils illégitime du roi François Ier -, il passe son enfance à Orléans avant d’aller étudier à Paris puis à Padoue, Venise et Toulouse. Il est banni de cette dernière université en 1534 après de violentes disputes avec d’autres étudiants. Ce n’est pas la dernière fois que son fort tempérament lui vaudra des ennuis.

En 1535, il prend la défense de l’humanisme paganisant attaqué par Erasme dans son dialogue satirique « Ciceronianus ». L’écrivain des Pays-Bas se moque des auteurs fascinés par l’Antiquité classique au point d’en oublier d’être chrétiens. Dolet lui répond également sous la forme d’un dialogue satirique et le dédie à François Ier.

Le roi semble apprécier : il accorde à Dolet pour 10 ans le privilège d’imprimer tout ouvrage en latin, grec, italien ou français, de sa plume ou sous sa supervision. Mieux, François Ier accorde au décidément bien violent Dolet, sa grâce pour l’homicide accidentel d’un peintre commis le 31 décembre 1536.

L’écrivain va alors s’installer à Lyon, place forte de l’imprimerie à cette époque. Il édite des textes jugés majeurs aujourd’hui comme ceux de Galien, Rabelais, Marot ainsi que le Nouveau Testament en latin mais aussi… des livres jugés hérétiques par l’Église. C’était prendre trop de risques: bien que ses propres opinions religieuses ne soient pas connues avec certitude, Dolet est arrêté pour « athéisme » en 1542. Heureusement, l’évêque de Tulle qui est aussi le directeur du Collège royal – le futur Collège de France – et le maître de la librairie du roi, intervient en sa faveur. Dolet sort de prison au bout de 15 mois.

Mais ce n’était pas son genre d’en rester là, ni celui de l’Église : il récidive… et il est à nouveau emprisonné en 1544. Il s’évade alors, parvient à gagner le Piémont… mais revient à Lyon pour imprimer des lettres en appelant à la justice royale. Il est encore arrêté et la faculté de théologie de Paris le juge comme « athée évadé ». Abandonné par François Ier, Dolet est finalement supplicié place Maubert. Il est étranglé puis brûlé avec ses livres !

Depuis, le malheureux Etienne Dolet n’a pas été oublié : il est devenu un martyr de la liberté de pensée et d’expression. Sa statue élevée en 1889 à l’endroit de son exécution était le point de rassemblement des anti-cléricaux et des libres-penseurs jusqu’à sa destruction en 1942 par l’administration pétainiste. La même année son buste qui trônait à Orléans est également enlevé et fondu. Ce qu’il représentait n’était pas exactement en accord avec l’idéologie du régime de Vichy.
Aujourd’hui, l’imprimeur est de retour dans de nombreuses villes. S’il n’a pas de nouvelle statue place Maubert, il a des rues, des collèges et même une station de métro à son nom.

Ci-dessous, la statue de 1889, place Maubert. Dolet est représenté mains liées, une presse d’imprimerie sous les pieds.

Bœuf écorché

Ce 2 août, c’est l’anniversaire de Saskia van Uylenburgh (1612 – 1642), l’épouse et le modèle du peintre Rembrandt. J’ai failli vous montrer son portrait en Flore… Mais je vous avoue que j’ai été beaucoup plus marquée par une autre œuvre du maître d’Amsterdam : “le Bœuf écorché” peint en 1655 et aujourd’hui conservé au Louvre.
Rembrandt a réalisé très peu de natures mortes. Celle-ci fait près d’un mètre de haut. Elle est encore beaucoup spectaculaire « en vrai » qu’en photo. Aujourd’hui encore, je ne sais pas trop si elle me plaît ou si elle me dégoute un peu.