Fdj : Livie

Livie, Livia Drusilla de son vrai nom, est la troisième épouse d’Auguste. Elle n’est pas née le 18 mais le 30 janvier 58 av. J.-C. Or, le 30 janvier prochain, je serai à Angoulême et je ne pourrai pas vous faire de chronique quotidienne, faute de temps. Mais ça aurait quand même été dommage de passer à côté de la meilleure ennemie d’Alix senator, non ?

Livie est donc née en – 58 dans la plus haute aristocratie romaine. À quinze ans, elle épouse Tiberius Claudius Nero et donne naissance l’année suivante au petit Tibère, le futur empereur. Mais on est en pleine guerre civile et chacun doit prendre parti. Livie et son époux sont des césariens. Après les ides de mars, ils combattent les assassins du dictateur aux côtés de Marc Antoine. Ils prennent aussi son parti contre le jeune Octavien, le futur Auguste. En – 40, ils doivent même prendre précipitamment la fuite pour échapper à ses proscriptions. Ils se réfugient en Sicile puis en Grèce. Ils ne reviennent en Italie qu’après la paix de Brindes qui réconcilie provisoirement les deux triumvirs.

C’est l’occasion pour Livie de rencontrer Octavien/Auguste en septembre – 39. Coup de foudre, coup politique ou les deux, elle quitte immédiatement son mari pour son ancien ennemi. Lui attend que sa précédente épouse ait accouché de leur fille, Julie, et la renvoie aussitôt. Dès le lendemain, le 17 janvier -38, il épouse Livie. Elle est enceinte de six mois de Tiberius et accouche en avril de son second et dernier fils, Drusus. Elle n’aura jamais d’enfant d’Auguste.

Statue de Livie représentée en déesse Ops avec sa gerbe de blé et sa corne d’abondance, début du 1er siècle de notre ère, musée du Louvre.

Leur mariage dure pourtant jusqu’à la mort de l’empereur, 52 ans plus tard. S’il est à peu près constamment infidèle, les époux restent malgré tout très proches. Livie est présentée par la propagande impériale comme la matrone idéale, vertueuse et volontairement confinée à la sphère privée. Mais la réalité est assez différente : elle continue de s’intéresser activement à la politique toute sa vie. Auguste a des discussions avec elle avant de réunir ses conseillers officiels et de prendre ses décisions. Il prépare même leurs entretiens politiques par écrit, tant il craint ses réflexions et ses réparties. Les autres aussi d’ailleurs : beaucoup se méfient de l’influence de Livie et lui attribue les « mauvaises » décisions de l’empereur – les bonnes étant de lui en personne, forcément. C’est le début de la légende noire de Livie.

Sa mauvaise réputation auprès des historiens antiques va beaucoup plus loin. Ils l’accusent, par exemple, de faire empoisonner tous ceux qui se trouvent entre son fils Tibère et la succession impériale : le fils d’Octavie, la sœur d’Auguste, mais aussi Gaius et Lucius César, les petits-fils préférés de l’empereur. Livie aurait d’ailleurs fini par l’assassiner aussi en lui offrant des figues empoisonnées. On sait aujourd’hui que tout cela est pure invention.

Planche montrant Livie rendant visite aux galles, les prêtres de Cybèles, dans son temple du Palatin, juste à côté de la demeure impériale, Alix senator, tome 7, éditions Casterman.

Devenue veuve en 14 apr. J.-C., Livie devient une prêtresse du « divin Auguste » qui a rejoint officiellement son grand-oncle César parmi les immortels. Elle continue cependant de jouer un rôle politique auprès de Tibère. Celui-ci le vit de plus en plus mal et leurs rapports sont conflictuels. En 26, il part vivre en solitaire dans l’île de Capri et ne reviendra jamais à Rome.

Livie, elle, meurt en 29, à 86 ans. Elle rejoint Auguste dans son mausolée. En l’absence de Tibère, c’est Caligula, l’arrière-petit-fils de la défunte, qui prononce son éloge funèbre. En 42, un autre de ses descendants, l’empereur Claude, lui accorde l’apothéose et en fait une déesse à l’égal d’Auguste.

Alix senator 10 : la couverture

Petit cadeau de fin d’année : voici la couverture du tome 10 d’ Alix Senator, la Forêt carnivore, qui sortira le 8 avril prochain. Un tome très particulier puisque notre sénateur préféré revient en Gaule sur les traces de son passé.

Ce qui est vrai dans Astérix

Vu dans le magasine Pilote, version Pocket (!) grâce à Xavier Mauméjean (merci) : “ce qu’il y a de vrai dans Astérix”. Décidément, je n’ai rien inventé avec les vrais/faux sur Alix Senator, j’ai juste modernisé le concept en passant du journal au site internet.

 

 

 

Alix senator revient avec le printemps

Je viens de l’apprendre, le prochain Alix Senator paraîtra dès le 8 avril prochain. Enfin, bon, ne comptez pas trop trouver des œufs de Pâques dans “La Forêt carnivore”, ou alors avec de longues dents pointues et bien effilées…

Rencontre à Bayeux

Vous avez envie de discuter de peplum, de SF ou des deux ? Alors venez me retrouver le samedi 9 novembre à 15h à la (superbe) Librairie Metropolis de la bonne Ville de Bayeux.

En plus, je vous signerai mes derniers opus : Alix Senator ( Casterman BD) et MMCXIX : les Futurs des Belles Lettres (Éditions Les Belles Lettres ).

La reddition de Vercingétorix

Le lendemain de la défaite d’Alésia, le 27 septembre 52 av. J.-C., Vercingétorix se rend à César ou lui est livré après un échange diplomatique. Selon la légende, c’est un acte de « devotio » : il offre sa vie en échange de celle des autres survivants, qui seront effectivement épargnés par César.

Longtemps négligé par les historiens français qui s’intéressent peu aux Gaulois, Vercingétorix n’est « redécouvert » qu’au XIXè siècle. Sous la Troisième République, il devient un héros national, celui qui résiste envers et contre tout à l’envahisseur et qui finit par se sacrifier à un vainqueur cruel et vindicatif. Il faut dire qu’on est juste après la défaite de 1870 face à l’Allemagne.

C’est cet esprit nationaliste qui anime la grande peinture de l’époque et le fameux tableau de Lionel Royer (ci-dessous). Aujourd’hui, on envisage le personnage avec plus de recul mais il reste une figure populaire qui apparaît à la télévision, dans les jeux vidéo ou, bien sûr la bande dessinée.


Ci-dessous :
– Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César, de Lionel Royer, 1899, musée Crozatier du Puy-en-Velay.
– Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César, de Jacques Martin dans Alix, Le Le Sphinx d’or, 1956.
– Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César, d’Uderzo et Goscinny dans Astérix, Le Bouclier arverne, 1968.

La chute d’Alésia

C’est traditionnellement le 26 septembre 52 av. J.-C. qu’on situe la fin d’une des grandes batailles de l’histoire de France qui est aussi une des batailles les plus importantes de la série Alix: le siège d’Alésia.

Arrivé en Gaule en 58, César en contrôle la majeure partie quand Vercingétorix se révolte contre lui au début de l’année 52. Malgré sa victoire de Gergovie, le chef arverne finit encerclé dans l’oppidum d’Alésia, l’actuelle Alise-Sainte-Reine, au début de l’été.

Fin septembre, une puissante armée de secours vient enfin tenter de le délivrer mais elle subit plusieurs revers. Le 26 septembre, Vercassivellaunos, un cousin de Vercingétorix, prend la tête des meilleures troupes gauloises et se lance dans ce qui va être la bataille décisive.

Les Romains, attaqués par ces hommes mais aussi par les assiégés qui tentent une sortie, commencent à perdre pied. Mais César ne cède pas et il a une bonne idée tactique : au lieu de demander à toute sa cavalerie germaine d’aller au secours des Romains les plus en difficulté, il en envoie la moitié attaquer l’ennemi à revers.

Surpris, les Gaulois de l’armée de secours paniquent. Beaucoup essaient de s’enfuir et sont massacrés par les Germains. Vercassivellaunos est capturé. Voyant ce désastre, Vercingétorix ne peut plus d’ordonner le repli de ses propres guerriers. C’est la fin du dernier espoir gaulois.

Ci-dessous :
Un vétéran de l’armée de secours gauloises raconte la dernière bataille dans “Vercingétorix”, Alix, par Jacques Martin, éditions Casterman.