Hermanubis

L’étrange statue ci-dessous est celle du dieu Hermanubis.

Conservée au Musée du Vatican, elle date des premiers siècles de notre ère. Mais la divinité qu’elle représente est plus ancienne. Elle est apparue durant la période hellénistique de l’Égypte, entre la conquête de celle-ci par Alexandre le Grand (331 av. J.-C.) et son intégration dans l’empire romain (30 av. J.-C.).

Comme son l’indique son nom, Hermanubis est issu de la fusion du dieu égyptien Anubis à tête de chien et du dieu grec Hermès qui tient le caducée. Tous deux avaient pour tâche essentielle de guider les âmes des morts vers l’Au-delà. A ce titre, Hermanubis était le « maître des secrets » funéraires. Cela lui valut d’être repris ensuite par les alchimistes médiévaux qui l’assimilèrent parfois à leurs Hermès Trismégiste.

© JanKunst

Le Cheval de Troie

Troie est tombée face aux Achéens exactement le 11 juin 1184 avant notre ère… Enfin si on en croit l’astronome Ératosthène de Cyrène qui dirigeait la grande bibliothèque d’Alexandrie au IIIᵉ siècle avant Jésus-Christ.
Je vous avoue que je ne sais pas très bien comment il est arrivé à une conclusion aussi précise (surtout parlant d’une guerre dont le caractère mythique ne fait pas de doute, même si son récit s’appuie sans doute sur des événements historiques).
Mais cela me donne l’occasion de vous montrer ce détail d’un pithos, une grande jarre à fond étroit, trouvé à Mykonos en Grèce. Elle date de 670 environ avant Jésus Christ. C’est une des plus vieilles représentations connue du fameux cheval de Troie qui perdit la ville.

Le transi de René de Chalon

J’étais d’humeur gothique hier soir quand j’ai réfléchi à ce que j’allais vous raconter ce matin. J’ai repensé à l’étonnante sculpture que vous pouvez voir ci-dessous : le transi de René de Chalon.

Il s’agit d’une statue funéraire réalisée par le sculpteur lorrain Ligier Richier vers 1545/1547 pour décorer le monument au cœur de René de Chalon dans la collégiale Saint-Maxe du château des ducs de Bar. On peut la voir aujourd’hui dans l’église Saint-Étienne de Bar-le-Duc (Meuse). De taille humaine (1,77 m), elle est encore plus spectaculaire en vrai qu’en photo.
Le fait qu’elle soit debout et non allongée sur un sarcophage comme un gisant est exceptionnel. Sa main gauche lève son cœur vers le ciel, c’est-à-dire Dieu, dans un geste plein d’élan, j’allais dire « plein de vie ».

Pour les curieux :

– Un transi, c’est quoi ?

« transi » signifie « passé », « mort ». C’est un type de statue qui vient remplacer les habituels gisants sur les tombeaux des personnages de haut rang à partir du XIVe siècle dans certaines régions d’Europe. On en trouve beaucoup dans l’est de la France ou l’Allemagne actuelle.
Comme les gisants, les transis représentent les morts, mais d’une manière totalement différente. Ils ne sont plus habillés et en train de dormir sereinement, voire de sourire, mais nus, déjà en train de se décomposer, voire à l’état de squelette, et souvent avec des expressions de visage dures voire torturées. Il faut dire que les temps sont particulièrement difficiles à l’époque dans ces régions ravagées par le Guerre de Cent ans, la grande peste et de nombreuses famines. Plus tard, quand Richier réalise le transi de René de Chalon, ces malheurs (violence, maladie, faim) sont toujours bien présents en Lorraine.

– Un monument au cœur, pour quoi faire ?

A la Renaissance, les grands personnages avaient souvent plusieurs tombeaux. A sa mort, les entrailles de René de Chalon ainsi que son cœur furent ensevelis dans la collégiale Saint-Maxe tandis que sa chair et ses os furent envoyés à Bréda (sud des Pays Bas actuels) dont il était le seigneur.

– René de Chalon, c’est qui ?

René de Chalon, prince d’Orange, était le stathouder, le gouverneur général, des comtés de Hollande et Zélande pour l’empereur Charles Quint. En 1540, il épousa la fille du duc de Lorraine et de Bar et vint dans la région. Elle n’était pas française à l’époque mais relevait de l’empire germanique.
En 1544, la guerre ayant repris entre le roi de France François Ier et Charles Quint, René de Chalon participa au siège de Saint-Dizier, une place forte proche de la frontière. Il y fut blessé à mort par un tir de couleuvrine, une sorte de petit canon à main.

Sans les mains…

Le 8 avril 1820, sur l’île de Milo, un paysan grec découvrit une statue d’Aphrodite, sans bras et le buste séparé du reste du corps, sous les yeux ébahis d’un marin français.
Datant du deuxième siècle avant notre ère, la « Vénus » réassemblée devint la première statue grecque à entrer au Louvre et surtout la première à être exposée incomplète, telle qu’on l’avait trouvée.

Sur la photo ci-dessous, vous pouvez la voir encordée en septembre 1939, juste avant son évacuation vers un lieu tenu secret – le château de Valençay – pour la protéger de l’avancée des Nazis.
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Pour en savoir plus sur cette photo : L’Histoire par l’image