Podcast : Bulles d’Histoire

Retrouvez-moi à toute heure du jour et de la nuit sur le podcast Bulle d’Histoire de la radio Art disctrict. J’ai eu le plaisir de d’y être interviewée, il y a quelques jours, par Stéphane Dubreil pour parler de l’Esclave de Khorsabad et du “succès d’Alix senator” en général. Un grand merci à lui !

C’est par ici: Podcast Bulles d’Histoire: le succès d’Alix senator

Arès Borghèse

En l’honneur du mois de mars qui commence, voici une statue du dieu de la guerre… enfin sans doute… peut-être… ou pas…

Ce jeune homme casqué et sans doute armé à l’origine est officiellement nommé « Arès Borghèse ». Borghèse, car le prince Camille Borghèse l’a vendu à Napoléon Ier et Arès, car il s’agit d’une copie romaine d’une statue grecque qu’on pensait être l’équivalent grec du Mars romain au XIXe siècle. En fait, rien n’est moins sûr.

Ses ornements sont très inhabituels. Son casque est orné de lévriers et de griffons et, surtout, il porte un bracelet de cheville, une coquetterie rarement associée à la guerre.
Alors, les historiens ont multiplié les interprétations : le bracelet est une entrave et il représente la Paix chargé de retenir la Guerre ou bien le bracelet est une entrave et c’est un souvenir de la mésaventure du dieu, surpris dans la lit de Vénus par Vulcain, l’époux de celle-ci.

Bref, chacun a son hypothèse et son explication. Je vous laisse trouver la vôtre.

Les heures de Boussu

Quelques pages du magnifique livre d’heures réalisé pour Isabelle de Lalaing, veuve du seigneur de Boussu, par le Maître d’Antoine Rolin, un enlumineur du Hainaut, entre 1490 et 1495.

Grand comme la main, le livre fait plus de 400 feuillets, tous illustrés. Je vous invite à aller feuilleter cette merveille sur Gallica BnF

Et pour tous savoir sur elle, allez cette semaine sur la page Facebook de la BnF – Bibliothèque nationale de France où on vous raconte son histoire en un conte de sept épisodes.

 

Une bande dessinée du XVe siècle

Fra Angelico, un des plus grands peintres du Quattrocento mort à Rome le 18 février 1455, a réalisé les trois séries de panneaux que je vous montre ci-dessous.

Représentant des scènes de la vie du Christ, elles forment une curieuse bande dessinée archaïque. Chaque « case » qui fait à peu près la taille d’un vinyle, est encadrée par deux « cartouches » qui l’explicitent. Celui du bas contient une sentence évangélique et celui du haut un texte de l’Ancien Testament.

À l’origine, ces panneaux ornaient l’armoire recevant les offrandes précieuses destinées à la fresque « miraculeuse » de l’Annonciation de l’église de la Santissima Annunziata de Florence. Ils ont été peints vers 1450-1452 et sont aujourd’hui conservés au Musée de San Marco de la ville.

[PODCAST] Les Enquêtes du Louvre – Les Taureaux ailés de Khorsabad

Amis amateurs d’art (et de malédiction) antique, pour tout savoir sur la mystérieuse Khorsabad, où Alix Senator a vécu sa dernière aventure, retrouvez-moi sur ce réjouissant podcast réalisé par Martin Quenehen, avec Ariane Thomas, directrice du département des Antiquités orientales du Musée du Louvre, Michael Rakowitz, artiste et Lionel Marti, archéologue et assyriologue au Collège de France.

“Dans la cour Khorsabad, deux gigantesques taureaux ailés à tête d’homme nous observent. Sculptés il y a près de trois mille ans, ils ont quelque chose de tranquille et même de bienveillant. Ils sont cependant porteurs d’une terrible malédiction. Une malédiction qui a frappé les ennemis du roi assyrien Sargon II, leur « maître », mais qui lui a peut-être aussi coûté la vie.”

Diptyque de saint Jean-Baptiste et sainte Véronique

Le 4 février, les catholiques fêtent sainte Véronique. C’est le prétexte que j’attendais pour vous montrer le Diptyque de saint Jean-Baptiste et sainte Véronique d’Hans Memling (1480-1483).

Comme le David et Goliath que je vous ai présenté il y a quelques jours, on peut le regarder recto-verso mais l’effet recherché est très différent, ainsi que vous pouvez le voir ci-dessous.

Au recto, on a à gauche saint Jean-Baptiste accompagné d’un agneau. Selon la tradition chrétienne, Jean a baptisé le Christ dans le fleuve Jourdain après avoir reconnu en lui « l’agneau de Dieu ».

Il est accompagné, à droite, de Véronique. Toujours selon la tradition, c’est une habitante de Jérusalem qui eut pitié du Christ alors qu’il portait sa croix vers le Golgotha. Elle lui donna un tissu pour qu’il s’essuie le front. Son image resta ensuite gravée sur le linge, comme elle nous le montre.

Au verso, on a des images beaucoup plus glaçantes. Derrière Jean-Baptiste, on a une tête de mort avec l’inscription « morieris », « tu vas mourir » en latin, histoire de bien rappeler ce qui attend tout être humain, même s’il est assez riche et puissant pour se faire faire de telles œuvres d’art. L’image est si inquiétante qu’elle fut recouverte d’une couche de peinture au XIXe siècle et ne fut redécouverte qu’en 1980 à l’occasion d’une restauration.

Derrière Véronique, on a un calice avec un serpent, une référence à un autre saint Jean : l’Evangéliste. Selon une source apocryphe, le saint avait été contraint de boire une coupe empoisonnée après avoir refusé de sacrifier aux dieux de Rome. Mais il bénit la coupe et une serpent en sortit, entraînant le poison avec lui.

La Fille au miroir

Peinture destinée à la couverture du numéro du 6 mars 1954 du Saturday Evening Post par Norman Rockwell (3 février 1894 – 8 novembre 1978), conservée au Musée Rockwell (Stockbridge, Massachusetts).

Pour ceux qui se poseraient la question, l’actrice à qui la petite fille se compare avec une certaine inquiétude est Jane Russell qui a tourné l’année précédente « Les hommes préfèrent les blondes » avec Marilyn Monroe. Elle est alors au sommet de sa carrière et passe pour un modèle de sensualité épanoui.

Le jour de la Marmotte

Photo: Sony Pictures Image tirée du film «Le Jour de la marmotte»

Si vous êtes comme moi et que regarder le film « Un jour sans fin » de Harold Ramis est un de vos petits plaisirs coupables, vous connaissez forcément le Jour de la Marmotte.

Cette fête que Bill Murray revit encore et encore n’est pas une invention des scénaristes : elle a lieu dans le nord de l’Amérique tous les 2 février, comme la Chandeleur.

On observe alors le terrier d’une marmotte. Selon la coutume, si des nuages voilent le soleil et l’empêchent de voir son ombre, elle sort de son trou et l’hiver est sur le point de se terminer. Mais si, au contraire, il fait grand soleil, elle prend peur et retourne bien vite chez elle, signe que le printemps n’est pas prêt d’arriver.

Cette façon d’observer le réveil d’un animal qui hiberne est très ancienne. Dans l’Europe médiévale, on surveillait un ours, un loup ou, c’était plus facile, une loutre ou un hérisson.

En fait, un temps dégagé est surtout le signe de la présence d’un anticyclone arctique amenant un air très froid avec lui et un temps nuageux le signe d’une dépression venant du sud et entraînant des températures plus douces.

Pour autant, la météo du 2 février ne laisse pas présager grand chose de la suite de la saison et il est rare de voir le printemps débuter vraiment avant le mois de mars, même si tout le monde en a envie.

Lire aussi : la Chandeleur

David et Goliath

Quel est l’art le plus grand et le meilleur ? La peinture ou la sculpture ? C’est pour participer à cet épineux débat qui faisait rage en 1555 en Italie, que Daniele da Volterra, un proche de Michel Ange, réalisa cet étonnant tableau.

Car, oui, il s’agit d’un seul tableau vu recto verso ! Son auteur voulait qu’on puisse en faire le tour comme pour une statue et voir la scène sous différents angles. Vous pouvez d’ailleurs le faire au Louvre où il est exposé.
Je vous laisse apprécier si c’est réussi ou non.

Volterra y montre une scène de l’Ancien Testament : le duel entre le jeune David, champion d’Israël, et son ennemi philistin, le terrible géant Goliath. David l’a abattu avec sa fronde d’une pierre en plein front. Il lui a volé son cimeterre et s’apprête à l’achever.

Malgré son originalité, ce n’est pas ce tableau qui rendit célèbre Volterra. En 1564, c’est lui qui fut chargé de peindre des pagnes sur les nus de la chapelle Sixtine, jugés obscènes par le pape Pie IV. Pour tous et pour longtemps, Volterra devint alors « le peintre des culottes ».