La rentrée de Milou

Milou fait lui aussi sa rentrée : les cartons d’albums envoyé par les éditeurs pour les Comité de sélection “série” du festival d’Angoulême commencent à arriver en force.
Heureusement, il a fait un peu de muscu cet été.

Via Appia

La première page du dernier Alix Senator que je vous montrais la semaine dernière se déroule sur la Via Appia. Vous avez déjà vu plusieurs fois cette route romaine dans la série car c’est elle qui reliait Rome au port de Brundisium (Brindisi) d’où partaient les bateaux vers l’Orient. Et Alix devenu sénateur a un faible certain pour l’est de la Méditerranée… 🙂

Aujourd’hui, la Via Appia existe toujours. On peut encore y voir quelques-uns des tombeaux qui l’entouraient dans l’Antiquité, quand il était interdit aux morts de côtoyer les vivants et donc d’installer leur dernière demeure à l’intérieur des cités.
Mais les parias qui trouvaient refuge dans les tombes – prostituées, lépreux, mendiants… – ne sont plus là. Aujourd’hui, on y croise plus que des promeneurs et des touristes en quête d’un peu de fraîcheur.

Piscina mirabilis

Les Spectres de Rome, le tome 9 d’ Alix Senator, se terminent dans un endroit grandiose qui a malheureusement disparu de nos jour : le réservoir où se déversait l’eau de trois aqueducs arrivant à l’est de Rome.
Mais il nous reste d’autres constructions romaines du même genre dont une près de Naples. Alimentée à l’origine par l’ « Aqua Augusta », un autre aqueduc, elle est si spectaculaire qu’on l’appelle depuis le XVIe siècle, « piscina mirabilis ». Ce gigantesque réservoir d’eau potable a été creusé dans la pente au-dessus du port de Misène : l’endroit idéal pour approvisionner en eau les navires militaires qui stationnaient dans la baie. Haut de 15 m, il était long de 72 et large de 25. Sa capacité totale était de 12 600 mètres cubes.
Les trous que vous voyez entre les voûtes servaient à ventiler la piscina mais aussi d’emplacement aux machines qui prélevaient l’eau et l’envoyaient dans les canalisations qui la distribuaient.

Alix Senator 9 : premières pages

“De retour de Pétra, Alix découvre la capitale romaine en proie à la peur. Des meurtres étranges ensanglantent les rues au point que la panique gagne même la garde impériale. Certains accusent les lépreux, d’autres les Orientaux, mais Auguste sait que la vérité est ailleurs. Refusant de céder à la terreur ambiante, Alix se lance sur la trace des spectres de Rome. Sans se douter qu’il pourrait devenir aussi dangereux qu’eux.”

Vous pourrez découvrir Les Spectres de Rome en librairie mercredi prochain. Pour vous aider à attendre, voici les cinq premières pages de l’album.

Le Spectre de Carthage

La semaine prochaine, le tome 9 d’Alix Senator, les Spectres de Rome arrivera dans toutes les bonnes librairies de Bayeux et d’ailleurs.
Bien sûr, si vous connaissez la série classique, vous avez compris l’allusion à l’un de mes albums préférés d’Alix : Le Spectre de Carthage.
Bon, si vous ne connaissez pas ce livre, ne vous inquiétez pas. Il n’y a pas besoin de l’avoir lu pour apprécier les nouvelles aventures de notre sénateur préféré. Les histoires sont totalement indépendantes. Il y a juste un phénomène étrange en commun… Des spectres… Très brillants… Et très très dangereux…

Mort de Cléopâtre

Le 12 août de l’an 30 avant notre ère, la reine Cléopâtre d’Égypte allait rejoindre Marc Antoine suicidé quelques jours auparavant.
Cet événement tragique qui a inspiré tant de tableaux et de films ne pouvait pas être absent d’ Alix Senator. Il apparaît dans le tome 2 de la série, quand notre sénateur raconte à Khephren ce qu’est devenu Enak, son père, quand Rome est entrée en guerre avec le royaume du Nil.

Les momies de Saint-Michel de Bordeaux

Hier, en préparant mon statut sur Maurice Tillieux, j’ai découvert que « La Disparition de M. Noble », une des histoires de « Félix », était inspirée des momies de Saint-Michel de Bordeaux, momies qui avaient fortement impressionné le petit Maurice alors qu’il visitait l’église vers l’âge de 11 ans.
Quoi ? Des momies à Bordeaux ???? Eh bien, oui 🙂

Avant la Révolution, se trouvait un cimetière paroissial à côté de l’église Saint-Michel – sous l’actuelle place Meynard pour les Bordelais. Mais en 1791, le Directoire du département ordonna sa suppression pour favoriser le développement urbain et/ou éviter de nouvelles épidémies. On découvrit alors une soixantaine de corps momifiés en bon état.

Ils n’avaient pas été embaumés et on ignore encore comment ils ont pu se conserver ainsi. On pensa un moment que c’était dû à l’argile contenu dans la terre. Mais lors de nouvelles fouilles en 2010, plus de 150 corps furent découverts à leur tour sur le site, mais aucun ne s’était transformé en momie.

Quoi qu’il en soit, plutôt que de réenterrer les momies ailleurs, on décida… de les exposer dans la crypte sous la tour Saint-Michel ! Il y en avait dix contre chacun des six côtés de la salle basse du caveau de la flèche.

Les corps restèrent là jusqu’à 1979 et devinrent une attraction touristique. De nombreux écrivains vinrent les voir de Victor Hugo à Ferdinand Céline en passant par Gustave Flaubert ou Jules Verne. Allan Kardec, le « codificateur du spiritisme », tenta même de communiquer avec la momie 48.

De nombreuses légendes naquirent de l’imagination des guides : une des momies était un général mort en duel, une autre un enfant enterré vivant, d’autres encore une famille entière empoisonnée par des champignons…

Mais le succès des momies causa leur perte : des touristes les touchaient et les abimaient, certains volaient même des morceaux de peau, voire des ossements.
En 1979, la crypte fut donc fermée au public. Onze ans plus tard, les dépouilles furent enfin transférées au cimetière de la Chartreuse.

Ci-dessous :
Deux cartes postales des momies de Saint-Michel de Bordeaux, circa 1905, auteur : Coutenceau.