L’actualité

Une jaquette pour Jhen

Pour accompagner la sortie du prochain Jhen la semaine prochaine, une jaquette est éditée à 500 exemplaires par les librairies Slumberland BD World en Belgique.

Elle reprend une couverture alternative réalisée par Paul Teng et mise en couleur par Céline Labriet pour l’album.

Un grand merci Cédric De Waele pour cette belle mise en avant du Conquérant.

Jhen : Guerre de Cent ans et Normandie anglaise

Le monde de Jhen a au moins un point commun avec celui du jeune Alix : il est en proie à des guerres multiples que rien ne semble pouvoir arrêter.

La France est ainsi en conflit avec l’Angleterre depuis… 1337. C’est la fameuse Guerre de Cent Ans. Le début du XVe siècle a été favorable aux Anglais. De 1417 à 1419, Henri V a conquis la Normandie. Caen est tombée dès le 19 septembre 1417 (huit jours après Bayeux) et Rouen le 13 janvier 1419, entrainant la reddition de la plupart des places de la région qui résistaient encore.

Les premières cases du Conquérant, Jhen tome 18.

Parallèlement, en mai 1418, les Bourguignons, alliés des Anglais, sont parvenus à entrer dans Paris et à en chasser le dauphin Charles et ses alliés, les partisans du comte d’Armagnac. La tentative de réconciliation s’est soldée l’année suivante par… l’assassinat du duc de Bourgogne par les hommes du dauphin.

En 1420, le nouveau duc soutient donc l’Anglais Henri V quand il impose le traité de Troyes au roi de France, le fou Charles VI. Le dauphin est déshérité et le souverain lancastre épouse une princesse française. Leur fils doit devenir le double monarque de l’Angleterre et de la France, tandis que la Normandie reste la pleine possession du monarque anglais.

Or, dès 1422, Henri V et Charles VI meurent tour à tour. Henri VI, encore bébé, doit donc succéder à son père et son grand-père sur les deux trônes. Mais le dauphin ne l’entend bien sûr pas ainsi. Il se proclame roi de France alors que sa cause semble proprement désespérée. Il faut la chevauchée de Jeanne d’Arc pour commencer à renverser la situation entre 1429 et 1431.

Quatre ans plus tard, quand commence Le Conquérant, l’aventure de Jhen que je vous propose, la Normandie est plus que jamais anglaise. Rouen est la capitale politique et militaire du duché tandis que la cour des comptes a été installée à Caen. À Caen aussi se trouve la nouvelle université fondée par le duc de Bedford, l’oncle du jeune roi qui exerce la régence pour lui. Marchands, clercs et soldats anglais se sont installés partout. Ils ont obtenu des terres confisquées aux Normands qui ont essayé de résister. Des réactions hostiles existent ça-et-là, mais globalement la conquête est bien acceptée.

La rencontre de Jhen et du duc de Bedford, à Bayeux.

Or en 1435, tout tourne mal pour les Anglais : le traité d’Arras marque la fin de la guerre civile entre les Bourguignons et les Armagnacs. Charles VII peut se consacrer entièrement à la reconquête des terres occupées par ses ennemis d’outre-Manche. Mais il faudra tout de même attendre 1450 pour que la Normandie soit à nouveau rattachée au royaume de France et la Guerre de Cent ans ne se terminera définitivement qu’en 1475.

Traces de la grande guerre… des Gaules

Dans le tome 10 d’Alix Senator qui sort la semaine prochaine, vous verrez que je remercie tout spécialement un bon copain : Pascal Mériaux. Pas le Pascal Mériaux qui fait partie de l’organisation du festival d’Amiens, mais le Pascal Mériaux des Éditions de la Gouttière.

Sans lui, je n’aurais sans doute pas pensé aborder les thèmes de la conquête de la Gaule par les Romains et surtout des terribles séquelles, physiques et psychologiques, laissées par les combats sur les combattants.

Pourtant, Alésia, la défaite gauloise, le sort des vaincus en général sont des thèmes très importants dans l’univers d’Alix. Avant d’être sénateur, il est lui-même un orphelin de guerre réduit en esclavage par ceux-là même qui ont tué son père. Ce sont les Parthes et non les Romains mais cela change peu de choses au final. Pourtant, c’est comme ça, sans Pascal, j’aurais sans doute laissé ces thèmes en friche encore un moment.

Heureusement, en 2017, il nous a parlés, à Denis et moi, d’un projet de collectif qu’il avait pour l’année suivante. Cela devait s’appeler Traces de la Grande Guerre et offrir des visions d’auteurs de la Première Guerre mondiale et des conflits en général. Nous avons tout de suite accepté de participer et nous avons entraîné dans l’aventure le reste de l’Atelier Virtuel. Mon histoire courte, Guerre éternelle, montre un garçon de la préhistoire découvrant que sa forêt allait être le lieu de batailles récurrentes pendant des siècles, des millénaires même. Je pensais surtout au nord de la France en écrivant ce scénario, et puis à ma région natale, la Lorraine, aussi.

Bien sûr, parmi tous ces combattants, je n’ai pas pu m’empêcher d’inclure des Romains. C’était trop tentant. C’est alors que j’ai eu le déclic : le prochain Alix senator que j’allais écrire devait parler de cette « guerre éternelle » et de ses traces indélébiles. J’ai commencé à me documenter sur la guerre des Gaules et à relire les albums d’Alix classique qui en parlaient. Et je me suis lancée…

Extrait de “Guerre éternelle”, dans le collectif Traces de la Grande Guerre, par l’Atelier virtuel. Éditions de la Gouttière.

Sans Pascal donc, sans ses Traces de la Grande Guerre, il n’y aurait pas eu de Forêt carnivore. Ça mérite bien un très grand merci, sur l’album, comme ici sur mon site.

Le jeudi de l’Ascension

Ce jeudi, les Chrétiens célèbrent une fête qui nous vaut d’avoir un jour férié: l’Ascension.

Selon la liturgie, l’Ascension, comme son nom l’indique, commémore la montée du Christ au Ciel au terme de sa dernière rencontre avec ses apôtres, quarante jours après sa résurrection à Pâques.

Ce motif de l’ascension est assez courant dans les religions et mythologies antiques. Avant le Christ, les prophètes Moïse, Hénoch ou Isaïe mais aussi les héros Romulus et Heraclès, ou même les empereurs romains divinisés à leur mort sont censés avoir rejoint le ciel.

Les quarante jours qui séparent l’Ascension du Christ de Pâques (et qui font que la fête d’aujourd’hui tombe toujours un jeudi) rappellent d’autres événements bibliques ayant eu la même durée : la tentation du Christ dans le désert, le séjour de Moïse sur le mont Sinaï où il reçoit les tables de la loi, le temps que passe Noé dans l’arche pendant le déluge…

L’Ascension est en général interprétée par les Chrétiens comme la fin de la présence de la présence terrestre du divin et la promesse que tous les fidèles pourront un jour, à leur tour, monter au Ciel.

Ci-dessous l’Ascension, dans les très Riches Heures du duc de Berry, vers 1410-1411, Musée Condé de Chantilly.

©Photo. R.M.N. / R.-G. OjŽda

Adam et Ève : la première tentation

Ci-dessous : la tentation d’Adam et Ève par le serpent. Base de la statue de la Vierge à l’Enfant, trumeau du portail de la Vierge, Façade ouest de Notre-Dame de Paris.

Il illustre un épisode fameux de la Genèse, le premier livre de la Bible. Placés dans le jardin d’Eden par Dieu, Adam et sa compagne, qui ne s’appelle pas encore Ève, peuvent faire tout ce qu’ils veulent… Tout sauf manger les fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Hélas, le serpent, vient trouver la jeune femme et la convainc de tenter l’expérience. Loin de mourir d’avoir croqué le fruit, ils verront leurs yeux s’ouvrir et cette “prise de conscience” les rapprochera de Dieu. Ève se laisse tenter, cueille un des fruits, mord dedans puis le donne à Adam qui en mange à son tour.

Bien sûr, Dieu se rend compte qu’ils ont désobéi et les chasse du jardin. Ils sont condamnés à souffrir et à mourir – surtout Ève qui est la responsable première de la désobéissance : elle accouchera dans la douleur et et devra rester dorénavant soumise à son mari (eh oui… cette histoire justifie bien des choses). Le serpent est maudit lui aussi : depuis il rampe dans la poussière.

Ici, ce serpent est représenté avec un buste de femme. Il est en fait Lilith, la première épouse d’Adam qui s’est changée en démon pour se venger d’une autre punition divine. Dieu avait la punition/malédiction facile à l’époque.

Photo : © Jebulon

Alix senator 10 : premières pages

Le tome 10 d’Alix senator, La Forêt carnivore, sera disponible dans toutes les bonnes librairies le 3 juin prochain.

Un petit rappel de l’intrigue ?

Après les terribles événements des Spectres de Rome, notre sénateur préféré a décidé de retourner en Gaule . Il veut retrouver ses racines et renouer avec la famille de son cousin Vanik. Mais il va découvrir que, si tout ou presque a changé depuis la conquête de César, le passé est loin d’être mort. La guerre des Gaules ne sera jamais vraiment terminée tant que des revenants hanteront la forêt d’Alésia.

En attendant tout pouvoir lire, voici les premières pages pour vous mettre définitivement l’eau à la bouche. Comme vous voyez, la première page fonctionne en écho avec la couverture ou plutôt c’est la couverture qui fonctionne comme en écho avec elle, comme si la même scène se reproduisait avec plusieurs dizaines d’années d’écart.

Le Chant des sirènes

Je vous montre souvent la mort comme un squelette effrayant mais elle peut aussi être très séduisante, au moins en donner l’illusion, ainsi les fameuses sirènes de la mythologie grecque.

Depuis l’Antiquité, ces femmes fatales sont le symbole d’une sensualité toxique qui vise à détruire l’autre et d’un érotisme mortifère qui consume entièrement celui qu’il possède. (Bon, je ne m’attarderai pas sur le fait que ce sont de méchantes femmes qui séduisent des hommes sans défense comme des rapaces se jettent sur de pauvres petits lapins, les Grecs de l’Antiquité ne sont pas vraiment connus pour leur féminisme).

Détail d’un stamnos attique à figures rouges du Peintre de la Sirène, vers 480-470 av. J.-C. British Museum. © Jastrow (un stamnos est un vase qui servait surtout à mélanger et conserver le vin)

Homère nous apprend dans l’Odyssée que les sirènes sont des créatures marines qui vivaient à l’entrée du détroit de Messine, en Sicile. Elles s’allongeaient sur le rivage – oui, c’était l’époque bénie où on pouvait avoir des activités statiques sur les plages – et se mettaient à chanter ou à jouer de la lyre. Les marins qui les entendaient en perdaient le sens de l’orientation et fracassaient leur bateau sur les rochers affleurants, quand ils ne sautaient pas directement à l’eau pour les rejoindre. De toutes façons, ils finissaient dévorés par les sirènes et leurs ossements demeuraient à jamais sur leurs rives où ils se transformaient à leur tour en poussière/sable.

Sirène sur une stèle funéraire grecque, vers 330 av. J.-C., musée archéologique d’Athènes. © Codex

Homère ne s’attarde pas sur le physique des sirènes mais ses successeurs décrivent des femmes-oiseaux. Parfaitement normales à l’origine, elles auraient été punies par une ou plusieurs déesses : Héra parce que la première d’entre elles aurait séduit Zeus (oui, la jalouse ne pouvait pas punir son mari alors il fallait bien se lâcher sur quelqu’un), Aphrodite parce qu’elles auraient refusé de perdre leur virginité (un comble pour ces femmes fatales) ou encore les Muses parce qu’elles les auraient défiées au chant (il ne faut jamais défier des déesses, jamais, c’est un principe de base).

Une interprétation moderne du mythe : John William Waterhouse, Ulysse et les Sirènes, 1891, National Gallery of Victoria, Melbourne.

Seuls de rares mortels parvinrent à échapper aux sirènes : les Argonautes grâce à Orphée dont la musique couvrit leur chant et les marins d’Ulysse qui avaient mis de la cire dans leurs oreilles. Le roi d’Ithaque réussit lui aussi à éviter leurs serres mais de justesse. Curieux d’entendre leur chant, il demanda à ses hommes de l’attacher au mat de son navire. Ils lui obéirent et il put satisfaire sa curiosité. Heureusement pour lui, ils ne l’entendirent pas quand il les supplia de le détacher pour qu’il puisse rejoindre les merveilleuses jeunes femmes qui l’attendaient sur leur terre paradisiaque.

Grumpy Cat

Je cherchais de qui j’allais vous faire la petite biographie ce soir – Marguerite de Valois alias « la reine Margot » ? Alberte-Barbe d’Ernécourt alias « l’Amazone lorraine » ? Margarita Carmen Cansino alias « Rita Hayworth » ? – quand je suis tombée sur l’improbable fiche biographique d’une héroïne du net morte le 14 mai 2019 : Tardar Sauce alias « Grumpy Cat. »
Je vous mets sa photo ci-dessous, mais n’en demandez pas plus… Ah si juste un chiffre pour vous faire rêver : en 2017, sa page FB officielle avait 8 700 000 fans. Voilà… Voilà… Voila…

© Gage Skidmore