L’actualité

Érasme et ses mantelets

Écrire par temps froid et humide. Érasme avait déjà tout compris.
Le grand humaniste par Hans Holbein le Jeune, en 1523 (tableau conservé au Kunstmuseum Basel) et par Quentin Metsys, en 1517 (tableau conservé à la Galleria Nazionale d’Arte Antica).

Report du prochain Alix

Amies et amis alixophiles, le prochain tome des aventures du jeune Alix, La Reine des Amazones, que je suis en train de commettre avec Chrys Millien au dessin et Jean-Jacques Chagnaud à la couleur ne sortira pas cet automne.

Il n’est pas encore terminé et, pour ne pas risquer de gâcher l’album en allant trop vite sur la fin, sa sortie a été reportée par Casterman au printemps prochain. Il vous faudra donc attendre quelques mois de plus avant de découvrir les Amazones et leurs terrible reine, mais ce sera pour la bonne cause.

Daniel dans la fosse aux lions

Daniel dans la fosse aux lions, peint en 1872 par Briton Rivière et conservé au Musée de Liverpool.

Ou comment un homme attaché et sans défense domine (du regard ?) toute une horde de fauves.

Daniel est un des grands prophètes de l’Ancien Testament. Déporté à Babylone, il est si sage qu’il devient le conseiller du roi Nabuchodonosor (oui, ce nom existe réellement). Il interprète ses rêves et a toute sa confiance jusqu’à la chute de la ville devant les Mèdes et les Perses.

Leur souverain, Darius, utilise aussi les talents de prophète de Daniel, mais son entourage voit d’un mauvais œil leur relation privilégiée. Daniel finit par tomber en disgrâce et il est condamné à être jeté dans la fosse aux lions du palais.

Heureusement, son Dieu est avec lui. Il survit glorieusement à l’épreuve et retrouve la faveur royale.

La Famine en Algérie

Un tableau que je viens de découvrir : La Famine en Algérie, par Gustave Guillaumet, 1868. Conservée au Musée Cirta, à Constantine

© Max Roy

Gustave Guillaumet est un peintre orientaliste du XIXe siècle. Il a fait de longs séjours en Algérie où il a vécu avec les Algériens et comme eux, un cas très rare à son époque.

Depuis 1830 et la prise d’Alger, le pays est colonisé par la France qui le « pacifie ».
Aux violences militaires, s’ajoute entre 1866 et 1868 une intense famine qui vient frapper des populations déjà affaiblies par des épidémies. Un tiers des Algériens meurt en trois ans.

Si la sécheresse est la cause première de cette épouvantable catastrophe, elle est due aussi à l’appauvrissement des paysans dont les terres ont été confisquées et à la déstructuration globale de la société algérienne par la colonisation.

Guillaumet est le seul orientaliste à témoigner de cette tragédie. Exposée au Salon de 1869, sa toile est boudée par la critique qui y voit une suite de clichés romantiques.

La Paix ramenant l’Abondance

L’actualité récente me donne envie de vous montrer ce tableau d’Elisabeth Vigée-Lebrun aux thèmes finalement bien contemporains : La Paix ramenant l’Abondance, peint en 1780 et conservé au Musée du Louvre.


Quand Élisabeth Vigée Le Brun réalise cette toile, elle va à l’encontre de toutes les conventions sociales de son époque.

Au XVIIIe siècle, les femmes peintres sont cantonnées à la réalisation de portraits et de natures mortes. Représenter un sujet historique ou mythologique est réservé aux hommes tout comme la peinture de nu. Or, ici, Elisabeth Vigée Le Brun fait les deux à la fois. Elle peint des allégories et ose montrer le sein dénudé de l’Abondance.

« Circonstance aggravante », elle peint ce tableau pour sa réception à l’Académie royale de peinture et demande à y être admise comme peintre d’Histoire. Son entrée dans cette institution suscite de fortes oppositions : c’est une femme et, en plus, l’épouse d’un commerçant (un marchand de tableau). Il faut l’intervention de la reine Marie-Antoinette, dont Elisabeth Vigée-Lebrun est le peintre officielle, pour qu’elle soit finalement acceptée à l’Académie.

Mais elle n’aura jamais le titre de peintre d’Histoire.

Retour du Tezucomi 2

Ô joie ! Je viens de recevoir le Tezucomi 2 paru aux Éditions Delcourt en juin 2021 dans lequel se trouve l’histoire réalisée avec Brice Cossu et publiée d’abord au Japon.

Le Lapin de la Lune est un hommage au Bouddha d’Osamu Tezuka mais aussi une variation sur une légende populaire au Japon : un lapin ferait des mochis sur la lune et c’est son ombre que nous voyons sur elle quand elle est pleine (et pas de simples cratères beaucoup moins poétiques).

Si vous regardez de près les deux pages de BD, vous verrez qu’elles sont muettes. Toute l’histoire se passe de dialogue. C’était une façon pour Brice et moi de pouvoir être lu partout dans le monde sans avoir à se poser la question de la traduction.

C’était aussi une manière de marquer notre hommage à Tezuka. La séquence d’ouverture de son Bouddha dans laquelle il évoque déjà la légende du lapin lunaire est également muette (et aussi tragique que poétique).

Les images de la semaine

Tous les jours ou presque, je poste sur les réseaux sociaux des images qui me plaisent beaucoup sans mériter un vrai article sur ce site. Alors je les rassemble pour les publier quand j’en ai l’occasion. Si vous n’avez pas envie d’attendre, vous pouvez aller voir mes murs Instagram et Facebook : tout est visible par tous.

Voici les dernières :

– Un peu de douceur dans ce monde de brutes.
Madeleine aux deux flammes peinte par Georges de la Tour vers 1640 et conservée au Metropolitan Museum of Art, à New York.– Comment doivent s’habiller les députés quand ils siègent à l’Assemblée Nationale ?
Le peintre Jacques-Louis David – celui du Serment du jeu de paume par exemple – répond à cette épineuse question vers 1795-1799 :
Projet de costume de représentant du peuple conservé au Musée Carnavalet.

Portrait d’une jeune Vénitienne réalisé par Albrecht Dürer en 1505 et conservé au Musée d’Histoire de l’Art de Vienne.

– Bon j’avoue, je ne vous montre pas ces photos pour Maurice Garin mais beaucoup plus pour la voiture avec ses entraîneurs. Toute une époque !
Ci-dessous donc :
Maurice Garin, futur premier vainqueur du Tour de France au départ de la première étape en 1903.
Photo prise par Jules Beau et restée dans sa collection
et
Automobile de Maurice Garin, conduite par ses entraîneurs lors de la course Paris-Brest de 1901
Photo prise par Jules Beau et restée dans sa collection

– Tête d’une épouse ou d’une fille du pharaon Akhenaton réalisée en quartzite peinte vers 1350-1340 avant notre ère et conservée au Musée égyptien de Berlin.

Les images de la semaine

Tous les jours ou presque, je poste sur les réseaux sociaux des images qui me plaisent beaucoup sans mériter un vrai article sur ce site. Alors je les rassemble pour les publier ensemble quand j’en ai l’occasion. Si vous n’avez pas envie d’attendre, vous pouvez aller voir mes murs Instagram et Facebook : tout est visible par tous.

Voici les dernières :

-” Dickens’ Dream “, peinture inachevée de Robert W. Buss (1875) conservée au Musée Charles Dickens de Londres

– Jeune travailleuse attachant des têtes de poupées dans une usine de jouets en Grande-Bretagne, septembre 1918.

Photo de George P. Lewis.

– Premier autoportrait connu d’une femme peintre peint par la Flamande Catharina van Hemessen en 1548 et conservé au Musée des beaux Arts de Bâle.

– Quelques photos du télescope Hubble :

L’incendie des forêts girondines de 1949

A ce jour, plus de 10 000 hectares de forêt ont été dévastés par le feu en Gironde cet été. A titre de comparaison, d’habitude ce sont « seulement » 11 000 hectares qui brûlent en moyenne par an (sur les 16,9 millions d’hectares boisés qui existent en France). Mais ce caractère exceptionnel n’est malheureusement pas une première. Le pire incendie que connut notre pays eut lieu aussi en Gironde, en 1949, pendant un été déjà caniculaire.

Du 19 au 25 août, l’incendie ravagea 52 000 hectares dont 25 000 de forêt landaise et surtout causa la mort de 82 personnes.

A cette époque, les bois de la région étaient peu entretenus et il y avait peu de moyens de lutte contre le feu. Les premiers à intervenir le firent avec… de simples branches de pin. Plus tard, les contre-feux allumés échouèrent tous à limiter le désastre. Le 20 août, le vent soufflait si fort que le feu parcourut jusqu’à 6 000 hectares en 20 minutes. Il s’abattit en tempête sur son front nord et tua 82 des pompiers, militaires, bénévoles et intervenants des Eaux et Forêts sur les 89 qui se trouvaient là. En fin d’après-midi, une pluie de cendres recouvrit Bordeaux. La situation ne redevint contrôlable que quand le vent tomba naturellement. Mais il fallut encore plusieurs jours pour que tous les feux soient maitrisés.

Plus tard, l’enquête révéla que tout était parti de la cabane d’une scierie dont le gardien fumait dans son lit.

incendie de Landiras, 2022, ©Jean-Luc Gleyze, président du Sdis 33