Le 16 juillet 1949, la loi 49-956 créait la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence, qu’elles soient françaises ou étrangères.
Depuis, un seul éditeur a été condamné: Pierre Mouchot en 1961, pour avoir édité Big Bill le casseur. Il a écopé de 500 francs d’amende et d’un mois de prison.
En revanche, les publications sanctionnées n’ont pas manqué, y compris certaines devenues des classiques depuis :
– Le Piège diabolique d’Edgar P. Jacobs en 1962, « en raison des nombreuses violences qu’il comporte et de la hideur des images illustrant ce récit d’anticipation »
– Billy the kid, l’album de Lucky Luke, la même année, car Billy suce un révolver.
– La Griffe noire et les Légions perdues de Jacques Martin en 1965 car on voyait dans ces aventures d’Alix des allusions à la Guerre d’Algérie.
Et beaucoup d’autres…
Il faut dire qu’à la volonté de protéger la jeunesse contre les dérives d’auteurs jugés peu scrupuleux s’ajoutait à l’époque celle de protéger le marché français du livre jeunesse des incursions étrangères.
Les importations de comics furent donc aussi très surveillées.
Fantask, la revue de super-héros (Quatre fantastiques, Spiderman…) fut suspendue en 1969. Selon la Commission « Cette publication est extrêmement nocive en raison de sa science-fiction terrifiante, de ses combats de monstres traumatisants, de ses récits au climat angoissant et assortis de dessins aux couleurs violentes. Et l’ensemble de ces visions cauchemardesques est néfaste à la sensibilité juvénile. »
Cependant, dès l’année suivante, les super-héros américains étaient de retour dans Strange ou Marvel… sans couleur trop vive…
Tout cela peut sembler lointain mais la Commission existe toujours.
Depuis 2011, la règle est que les publications jeunesse « ne doivent comporter aucun contenu présentant un danger pour la jeunesse en raison de son caractère pornographique ou lorsqu’il est susceptible d’inciter à la discrimination ou à la haine contre une personne déterminée ou un groupe de personnes, aux atteintes à la dignité humaine, à l’usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants ou de substances psychotropes, à la violence ou à tous actes qualifiés de crimes ou de délits ou de nature à nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral de l’enfance ou la jeunesse. Elles ne doivent comporter aucune publicité ou annonce pour des publications de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse. »
Bon, le 14 juillet, la prise de la Bastille, c’est un incontournable.
Dans Petit Miracle avec Griffo au dessin, Denis de La Barre, mon mignon petit démon, assiste à la prise de la prison royale depuis sa cellule de luxe :
Je prends prétexte de l’anniversaire de l’assassinat de Marat, le 13 juillet 1793, par Charlotte Corday, pour poster le fameux tableau de Jacques Louis David.
Le peintre, révolutionnaire convaincu et proche de Robespierre, admire Marat et le connaît personnellement. Il est même l’un des derniers à l’avoir vu vivant et c’est lui qui organise ses funérailles.
Il représente ici le journaliste mourant sereinement, une lettre de Charlotte Corday encore en main. On le voit prenant un de ses bains curatifs au souffre (pour apaiser un grave eczéma ?), la tête enveloppée d’un tissu imbibé de vinaigre pour apaiser ses migraines.
Par ce tableau, David transforme l’ « Ami du peuple » en véritable martyr de la Révolution. Il idéalise sa mort, lui donne valeur de symbole et la place directement à côté de celle des héros de l’Antiquité qu’il illustrait avant 1789.
ci-dessous :
Jacques-Louis David, La Mort de Marat (1793), musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
On ne connaît pas exactement la date de naissance de César ou plutôt de Caius Julius Caesar IV. En général, on la place le 12 ou le 13 juillet 100 ou 102 av. J.-C.
Contrairement à ce que l’on dit souvent, sa mère, Aurelia Cotta, n’accoucha pas par césarienne. Dans l’Antiquité, on ne pratiquait cette opération que sur les mères mortes ou mourantes car on savait pas alors comment éviter le décès de la parturiente.
Son père, Caius Julius Caesar III, appartenait à une famille patricienne mineure. Il ne dépassa pas le rang de préteur, de magistrat chargé de rendre la justice à Rome. Il mourut subitement en mettant ses chaussures en 92 av. J.-C.
Le petit Caius grandit dans une insula, un immeuble, du quartier de Subure, le quartier le plus mal famé de Rome.
Il était donc a priori destiné à faire une carrière de magistrat honorable mais pas exceptionnelle. Accéder au consulat, comme le fit un frère de son père, aurait déjà dû être un combat pour lui. Les guerres civiles en décidèrent autrement.
Plus tard, pour pallier à une ascendance qu’il jugeait sans éclat, César se proclama le descendant de Iule, fils du Troyen Énée, lui-même fils de Vénus.
Celui qui réussit à devenir dictateur perpétuel de Rome et désira peut-être en devenir le roi, ne pouvait que descendre des dieux !
Ci-dessous : Jules césar par Thierry Démarez pour le tome 3 d’Alix senator premium, éditions Casterman.
Les 7 et 8 août prochain, vous pourrez m’entendre ainsi que Jeanne Puchol vous parler de notre sorcière bien aimée dans la Grande Traversée, l’émission estivale de France Culture diffusée de 9h à 11h et de 22h à minuit.
Notre interview commune sera diffusée dans le cadre des émissions consacrées à « Jeanne d’Arc, une rencontre » du 6 au 10 août.
Nous participons à l’épisode 2 : l’âme de Jeanne, et l’épisode 3 : Jeanne de fer.
Le 10 juillet 1856 naissait dans l’Empire d’Autriche un scientifique très cher à la culture populaire: Nikola Tesla.
Naturalisé américain, ce sont ses travaux dans les domaines de la mécanique et surtout de l’électricité qui l’ont rendu célèbre.
Après avoir travaillé un temps avec Thomas Edison et s’être fâché avec lui au point de démissionner en 1885, Tesla tenta de développer lui-même les brevets qu’il avait déposés. Après quelques échecs, il rejoignit George Westinghouse, le grand rival d’Edison, qui finança à son tour ses découvertes. Ils se firent les tenants du courant alternatif contre Edison, fervent défenseur du courant continu.
Pour contrer leurs avancées dans l’esprit du public, ce dernier développa une chaise électrique utilisant le courant alternatif. Il espérait convaincre ainsi que celui-ci était très dangereux.
Mais, il échoua et, finalement, en 1893, Westinghouse fut chargé de construire tout le réseau électrique des Etats-Unis. Le courant alternatif avait vaincu. Hélas Westinghouse, comme Edison, était au bord de la faillite. Tesla dut abandonner l’espoir de royalties à la hauteur de son succès et lui vendit tous ses droits et brevets.
Par la suite, Tesla continua à inventer. Il fut à l’origine de plus de 300 brevets mais mourut tout de même dans la pauvreté en janvier 1943.
Sa créativité débridée, tout comme son sens de la mise en scène, l’avait rendu très populaire à son époque. Il tomba ensuite dans l’oubli avant de devenir un personnage récurrent dans les récits steampunks. Ils exaltent ses inventions et en font parfois un véritable « savant fou ».
Dans le Prestige (1995), le romancier Christopher Priest imagine ainsi que Tesla invente une machine permettant à un magicien de se téléporter. Mais la machine a un défaut et crée une copie de son utilisateur…
En 2003, Tesla devient même une marque quand Martin Eberhard et Marc Tarpenning, qui seront rejoints l’année suivante par Elon Musk, donne son nom à leur entreprise de voitures électriques.
Désormais, quand on tape « tesla « sur un moteur de recherche, c’est l’image d’une grosse berline électrique qui apparaît. L’invention a dépassé l’inventeur en quelque sorte.
Nikola Tesla en 1890, photographié par Napoléon Sarony.
Au centre, David Bowie interprète Nikola Tesla dans l’adaptation cinématographique du Prestige par Christopher Nolan en 2006.
Je sais, je vous ai déjà parlé de cette femme peintre du 17è siècle. Mais comme c’était son anniversaire hier (elle est née le 8 juillet 1593) et que c’est, en quelque sorte, la patronne des autrices de BD, je ne résiste pas au plaisir de reposter un de ses tableaux.
Voici Judith décapitant Holopherne réalisé en 1620 et aujourd’hui conservé dans la Galerie des Offices à Florence.
« Bis repetita placent » après tout.
Il commence sa carrière comme caricaturiste politique au Cincinnati Post en 1980 mais que ce journal le renvoie au bout de 6 mois. Les 5 années qui suivent, tous ses dessins sont même refusés par les journaux…
Heureusement, en 1985, Universal Press Syndicate accepte un strip très original qui racontent les aventures d’un petit garçon et de son tigre en peluche.Le succès est immédiat. Dès 1986, Calvin et Hobbes es diffusé dans plusieurs centaines de publications. Dans les années 90, plus de 2 400 journaux les proposent à leurs lecteurs. Depuis, plus de 30 millions d’albums ont été vendus dans 40 langues.
Calvin et Hobbes ou « la guerre est un jeu idiot »
En 1995, Bill Watterson arrête sa série en pensant en avoir fait le tour. Depuis, il se consacre à la peinture et à sa famille, fuyant apparitions publiques et exposition médiatique.
Il a été tout de même été Grand Prix duF estival international de la Bande Dessinée d’Angoulême en 2014.
Aujourd’hui, c’est minute nostalgie obligatoire pour toute ma génération :
Le 3 juillet 1978, Récré A2 diffusait pour la première fois un épisode de Goldorak, Yūfō Robo Gurendaizā.
L’anime japonais réalisé par Toei Animation 3 ans plus tôt d’après le manga de Gō Nagai connaîtra un tel succès en France que certains commentateurs diront même qu’il a atteint le 100% d’audience !
Alors tous en chœur avec Noam : Générique de Goldorak