Lune rousse et saints cavaliers

Nous sommes en ce moment en pleine lune rousse. Que les lecteurs de ma génération se rassurent: Véga ne va pas attaquer. La “lune rousse” est la lunaison qui suit immédiatement la fête de Pâques. La tradition veut que la lumière de la lune puisse alors avoir une mauvaise influence sur les jeunes pousses. Elle ferait « roussir » les bourgeons et les détruirait à moins que les nuages ne leur offrent leur protection.

En fait, comme vous l’avez remarqué, nous sommes encore dans une période où les nuits sont très fraîches. Mais, s’il y a des nuages pendant celles-ci, ils réverbèrent la chaleur accumulée au sol pendant la journée. La température sur les champs ne descend donc pas autant que pendant les nuits claires. Dans ce cas, ce n’est pas la lumière de la lune mais bien le gel qui fait roussir les plantes.
C’est pour contrer ce phénomène qu’aujourd’hui des agriculteurs brûlent des ballots de pailles dans leurs champs ou leurs vignes. Il ne cherchent pas à réchauffer les plantes mais bien à créer un écran artificiel avec la fumée.

Bien sûr, le gel nocturne se produit également avant Pâques mais, comme les bourgeons ne sont pas encore sortis, il ne peut pas avoir de conséquences dramatiques. Il ne marque donc pas les esprits.

Dans le sud de la France, pour contrebalancer l’influence néfaste de la lune rousse, on priait autrefois les « saints cavaliers » : saint Georges (23 avril), saint Marc (25 avril), saint Eutrope (30 avril), saint Philippe ou fête de la Sainte Croix (3 mai) et saint Jean Porte latine (6 mai). Tous avaient surtout pour mission de protéger les vignes. Le dernier était même le patron des vignerons et des tonneliers. On le représentait avec un tonneau ou un maillet.

Publié le Catégories Actualités générales, Éphéméride
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