L’actualité

Le muguet du premier mai

L’habitude d’offrir du muguet le 1er mai ne remonte pas à la fête des fleurs romaines dont je vous parlais hier mais au printemps 1561, quand le roi Charles IX commença à en donner aux dames de la cour.
Cette tradition royale se perdit, bien sûr, après la Révolution française. Elle renaquit au début du XXè siècle quand les couturiers parisiens recommençèrent à offrir des bouquets à leurs employées et à leurs clientes.
Mais c’est avec le maréchal Pétain que le muguet fut définitivement associé au 1er mai. La fête des Travailleurs créée en 1889 devint en 1941 « la fête du Travail et de la Concorde sociale » et l’églantine rouge qui en était jusque-là le symbole révolutionnaire céda la place au muguet.

Vu que le muguet va fleurir sur beaucoup de murs FB dans les jours qui viennent, je vous propose plutôt cette belle églantine rouge, aujourd’hui :

Les Floralies, fêtes des fleurs et des courtisanes

Fresque du Ier siècle ap.J.C., représentant Flore, venant de la Villa Ariana à Stabies et conservée au Musée Archéologique de Naples.

Du 28 avril au 2 mai, on célébrait à Rome les Jeux floraux, « ludi florales » en l’honneur de la déesse Flore, maîtresse des jardins et du renouveau printanier.
Très ancienne, cette fête devint annuelle vers 170 avant notre ère. Elle connu plus tard un grand succès dans tout l’empire.
Il faut dire qu’elle se célébrait pendant 5 nuits consécutives de représentations théâtrales, de danses mais aussi… d’orgies. Car Flore était aussi la déesse des courtisanes et elles participaient activement à ses célébrations.
Cela fit même dire au poète Lactance que le culte était né d’un don d’argent fait par une protituée nommée Flora au peuple romain en échange de l’institution d’une fête en son honneur.

 

 

Une orgie dans Alix Senator, tome 1, avec Thierry Démarez, éditions Casterman

Petit Miracle et guillotine

Le 25 avril 1792, la guillotine était utilisée pour la première fois, un événement que j’ai repris dans mon diptyque fantastique Petit Miracle, dessiné par Griffo.
Le héros, un petit garçon né la tête séparée du corps, maltraité par les adultes, finit par inventer la guillotine pour se venger d’eux. Le 25 avril 1792 est donc un grand jour pour lui. Hélas, tout ne se passe pas comme prévu :

22 avril : Sparte remporte la guerre du Péloponèse

Le 22 avril 404 avant notre ère, Athènes capitulait devant les troupes spartiates après sa défaite lors de la bataille navale d’Aigos potamos (« rivière de la chèvre »).
Lysandre, le général victorieux, avait non seulement détruit la flotte athénienne, empêchant la ville de se ravitailler efficacement, mais aussi fait massacrer ses 3 000 captifs originaires de l’Attique.
Il fit ensuite détruire les murailles d’Athènes et imposa à la cité un nouveau gouvernement favorable à Sparte : les Trente Tyrans, qui instaurèrent un régime de terreur.
C’était la fin des 27 ans de guerre du Péloponèse et le début de la domination spartiate sur le Grèce. Elle s’acheva en 371 avant notre ère, à la bataille de Leuctre, remportée par les Thébains qui massacrèrent à leur tour l’élite des guerriers spartiates.

Ci-dessous, des Spartiates affrontent des Romains dans Alix Senator, tome 4, avec Thierry Démarez aux éditions Casterman.

Felix dies natalis

Aujourd’hui est un jour sacré pour tous les amoureux de la Rome antique. Selon la légende, c’est le 21 avril 753 avant Jésus-Christ, que Romulus fonda la Ville.
On raconte que, tandis qu’il en traçait les limites avec une charrue, son frère Remus se moqua de ces remparts encore symboliques en sautant par dessus. Furieux, Romulus le tua, réalisant une sorte de sacrifice humain qui allait assurer lasacralité de son tracé.
Plus tard, son geste inspira aussi un adage romain qui allait avoir beaucoup de succès en Italie et ailleurs : insociabile regnum (« Le pouvoir ne se partage pas »).

Ci-dessous, tout droit sortie du fin fond de mes archives, une photo de ma première rencontre avec la Louve allaitant Romulus et Remus, au Capitole, en 2004.

Preview : Livie chez Cybèle pour les Megalensia

Comme les Megalensia se terminent aujourd’hui, j’en profite pour vous montrer en avant-première une visite secrète de l’impératrice Livie dans le temple de Cybèle qui a lieu dans le prochain tome d’Alix senator.

La déesse a son propre temple sur le Palatin dès 191 avant notre ère. Il est fermé au public sauf pendant ses fêtes.
On apporte alors à Cybèle du moretum, du fromage aux herbes.
Pendant ce temps, ses galles, qui ont l’interdiction de sortir du sanctuaire le reste de l’année, dansent dans les rues et font la quête pour l’entretien du temple devant lequel on joue des pièces de théâtre.
Des courses de char ont lieu aussi dans le Grand Cirque après une procession mettant en scène Cybèle et les autres dieux.
Et, à la fin des cérémonies, le 10 avril, la statue de la déesse est solennellement lavée dans le fleuve Arno et on lui demande si elle veut bien à revenir à Rome pour une nouvelle année. Heureusement, elle a toujours dit “oui”.

Les fêtes de Cybèle

Du 4 au 10 avril, avaient lieu à Rome les Megalesia, les fêtes de la grande déesse Cybèle, chère au cœur de Khephren, le fils du sénateur Alix.

Elles commémorent l’arrivée de la divinité en Italie pendant la guerre contre Carthage. Des prodiges se produisent alors et, inquiet, le Sénat consulte les Livres Sibyllins, des recueils d’oracles. Ils prédisent la victoire de Rome seulement si elle reçoit dans ses murs la Mère, tombée du ciel à Pessinonte en Asie Mineure sous la forme d’une pierre noire. 


Surpris, les Romains interrogent l’oracle de Delphes qui ajoute que la déesse doit être accueillie par l’homme le meilleur de la Ville. Elle arrive donc à Ostie et Publius Scipio Nasica, un général, est choisi pour la faire descendre du bateau. La pierre est installée ensuite dans le temple de la Victoire et Scipion remporte peu de temps après la grande victoire de Zama contre Hannibal. La Grande Mère a défait le Baal carthaginois.