Alix senator 9 à la maison

Ô joie ! Milou m’a rapporté ce matin mes premiers exemplaires des deux éditions du tome 9 d’ Alix Senator envoyés par Casterman.
Mais ce petit coquin a tenu à me les jouer à pile ou face. Résultat, j’ai perdu et c’est lui qui peut les lire en premier.

Alix senator 9 premium

Le 21 août prochain, les lecteurs d’ Alix Senator seront face à leur éternel dilemme : acheter l’album classique ou premium.
Et vous quel choix ferez-vous ?

En attendant, après vous avoir montré la couverture version classique, voici la version premium ainsi que la première page du dossier historique « Aqua romana, qui contrôle l’eau, contrôle Rome » illustré par Thierry Démarez et écrit par moi.

On ne parlait pas encore de bouleversement climatique en 11 avant notre ère mais la canicule était déjà bien présente à Rome. L’accès à l’eau des centaines de milliers d’habitants de la capitale impériale était à la fois une nécessité très quotidienne et un enjeu de pouvoir considérable.

 

Suétone et César

Quand Suétone veut montrer que César était vraiment trop sympa :

[César] était fort doux de nature, même dans ses vengeances. Quand il eut pris, à son tour, les pirates dont il avait été le prisonnier, et auxquels il avait alors juré de les mettre en croix, il ne les fit attacher à cet instrument de supplice qu’après les avoir fait étrangler.

Suétone, Vie de Jules César LXXIV

( illustration : Alix senator, tome 1, avec Thierry Démarez, chez Casterman BD)

La dédicace, saison 127, épisode 53

Milou est revenu tout joyeux de la boîte aux lettres ce matin. Pour une fois, il n’avait pas à transporter les piles de livres du Comité de sélection Série d’Angoulême mais juste une grande enveloppe. En plus, c’était une enveloppe envoyée par une lectrice. C’est très rare !

J’ai donc ouvert avec une certaine curiosité, voire une certaine joie… La lectrice, on va l’appeler Florence Dupont, me demandait une dédicace pour son père à l’occasion de son anniversaire. Comme c’est gentil ! J’ai bien failli dire « oui ».

Mais Milou m’a arrêtée juste à temps. Il a flairé le piège dès qu’il a vu que la lettre était adressée à « madame Bajram ». Bon, à part la pâtissière quand je viens commander une tarte aux pommes, personne ne m’appelle comme ça. Surtout pas mes lecteurs : il y a écrit « Valérie Mangin » sur tous mes albums, ce n’est pas pour rien. Aaah là là… Je vous passe le laïus sur le fait d’être encore ramenée à être la femme de mon mari après des années dans la BD et des dizaines d’albums parus.

Je continue donc la lecture. Florence est « désolé » dès la première ligne. Oui, au masculin. Curieux. Autre curiosité, elle signe à la fin de son courrier « Melle Dupont ». Déjà quand j’étais ado, plus aucune fille de 15 ans ne signait comme ça. Ou alors, je suis passée au travers de la dernière mode réactionnaire ? Ou alors plus sournois, ce n’est pas Florence mais son papa qui écrit ? Le fameux grand fan de mes albums ?

Enfin, de mes albums… et de ceux de Denis aussi. D’ailleurs « Florence » a bien pris soin de joindre deux feuilles blanches à son courrier. Des fois que monsieur Mangin veuille lui faire un petit dessin sans doute ?

Milou a bien eu raison d’être méfiant. Plus je lis la lettre, plus j’ai l’impression que « Florence » est un homme et qu’il a juste cherché à se servir de ma présupposée gentillesse féminine pour avoir une dédicace de Denis. En clair, « Florence » ne serait-elle pas en train de me prendre pour une idiote ?

Peut-être que je me trompe et que c’est juste de la paranoïa… Dans ce cas, je m’excuse auprès de « Florence ». Mais j’en ai déjà tellement vu avec les collectionneurs de dédicace que je ne peux plus me montrer naïve.

D’ailleurs, maintenant que j’y pense, comment « Florence », qui qu’elle soit, a-t-elle eu mon adresse ? Denis et moi avons toujours veillé à protéger notre sphère privée. Nous sommes donc sur liste rouge et avons toujours demandé à nos proches et collaborateurs de ne pas divulguer téléphone et adresse. Apparemment quelqu’un s’est cru autorisé à le faire…

Inutile de dire que je ne répondrai pas à « Florence ». Je vais plutôt aller chercher une sucrerie pour récompenser Milou.

« Bonjour, cordialement, votre correspondant à l’Agessa »

Amis auteurs, amies autrices, vous le savez, contacter l’Agessa, notre sécurité sociale, tient souvent de la quête initiatique. Le 1er juin dernier, je me sentais une âme d’aventurière, alors je me suis donnée pour mission d’éclaircir un des grands mystères de l’univers : Comment toucher la « mesure de soutien » au pouvoir d’achat des artistes auteurs pour l’année 2019 ?

Vous le savez si vous parcourez régulièrement nos murs : cette mesure de compensation de la hausse de la CSG, enfin proposée fin 2018, est logiquement prolongée pour cette année. Mais impossible, en fouillant sur le site de l’Agessa, de trouver quoi que ce soit à ce sujet. Qu’importe, le bouton « nous contacter » est là pour ça. Formidable, on me promet de me répondre dans les plus brefs délais.

La réponse de l’Agessa est enfin arrivée le 17 juin, plus de deux semaines après. Il faut savoir être patient quand on part en quête. Patient et ouvert à la surprise aussi.

Comment ça je ne suis pas à jour de mes cotisations ? Alors que j’ai opté depuis des années pour le prélèvement automatique ? En plus, en avril encore, j’avais reçu un échéancier me confirmant que j’avais bien choisi ce mode de paiement.

Je dois dire que je n’avais pas vérifié si les prélèvements avaient bien été effectués. Pour la bonne et simple raison que ça se passe sans problème depuis des années. Quand on choisit la méthode automatique, c’est bien pour ne plus avoir à y penser, non ?

Ensuite, comme est-il possible qu’un prélèvement bancaire ne passe pas sans que l’Agessa ne nous le signale clairement ? Ma banque m’aurait signalé, elle, le moindre accident. C’est donc un problème de prélèvement du côté de l’Agessa. Oubli ? Incident technique ? Changement lié aux réformes ? Comment pourrais-je le savoir sans aucune communication de leur part ?

En plus, pourquoi, s’il y a un retard de payement de plusieurs mois, ne recevons-nous aucun message de relance ? Un courrier, un petit email, ou au moins une alerte claire sur le site ? Pourquoi le prélèvement n’est-il tout simplement pas relancé ? C’est quoi l’idée ? De laisser ça trainer, sans rien nous dire, puis d’envoyer le dossier pour recouvrement à l’Urssaf, avec les surcoûts pour l’auteur qui l’accompagnent ?

J’en ai discuté avec Denis, mon époux. On s’est aperçu qu’il était exactement dans la même situation que moi. C’est donc que l’Agessa n’a pas lancé les prélèvements automatiques de février et mars 2019 pour beaucoup d’auteurs, peut-être même pour tous. Denis s’étonne de suite que l’Agessa n’ait pas eu idée d’en informer et de relancer sérieusement les auteurs concernés, puisque le problème vient d’elle. Il faut dire que Denis connaît bien les problèmes liés à la sécurité sociale des artistes-auteurs, en tant que fondateur du SNAC BD et vice-président de la Ligue des auteurs professionnels.

Nous rédigeons donc un nouveau courrier ensemble :

Bon, soyons honnêtes, nous espérions créer une petite inquiétude à l’Agessa. La réponse fut en effet ultra-rapide, une semaine d’attente seulement ! Et je dois dire que cette réponse fut magique, à la hauteur de toute cette histoire :

Je vous le confirme, il n’y a pas de problème technique, la capture d’écran ci-dessus est bien complète.

Si. Vraiment.

Je vais réécrire à l’Agessa, parce que j’aime l’aventure, j’aime les quêtes impossibles, j’ai une foi inébranlable dans l’humanité. Mais j’ai quand même pris mes précautions et réglé par carte bleue sur le site les échéances non prélevées. J’ai aussi supprimé le prélèvement automatique, puisque c’est devenu n’importe quoi. On ne sait jamais, avec un tel talent, l’Agessa pourrait me prélever 5 000 euros en plaçant mal une virgule.

Avec la Ligue des auteurs professionnels, nous avons aussi décidé de rendre cette histoire publique. Si l’Agessa est incapable d’informer les assurés sociaux de ses erreurs, comme nous le lui avons demandé, il faut bien que nous, auteurs, le fassions à sa place.

 

Un mystérieux paquet du Japon

Milou vient de me rapporter un mystérieux paquet en provenance du Japon !

La bataille des Champs catalauniques

Le 20 juin 451, le patrice des Romains Flavius Aetius mettait fin à la chevauchée destructrice d’Attila en Gaule au Cahmps catalauniques.

On est loin des batailles traditionnelles comme Carrhes dont je vous ai parlé il n’y a pas longtemps. Ici sont face à face des combattants issus des peuples vaincus par les Huns (Ostrogoths, Ruges, Gépides…) contre, non pas des légions romaines, mais des milices hétéroclites rassemblées autour d’une troupe d’Alains et surtout de l’armée des Wisigoths alliés de Rome. Certains auteurs ont parlé de lutte fratricide entre peuples des steppes.

Les pertes furent sans doute très lourdes. L’historien espagnol Hydace, qui n’avait pas peur d’exagérer, parle même quelques années plus tard de 300 000 morts.
Quoi qu’il en soit, le répit fut de courte durée pour Rome: Attila revint en Occident dès l’année suivante et… attaqua directement l’Italie.

Seule sa mort délivra l’empire de sa menace en 453. Aetius ne lui survécut pas longtemps. Trop riche, trop populaire et devenu inutile à la disparition du roi hun, il fut poignardé de la main de son propre empereur, Valentinien III, en 454.

J’ai raconté ou plutôt réinventé cette histoire sous la forme d’un space opera. C’était dans le Fléau des Dieux avec Aleksa Gajic . Le rôle d’Aetius, sous le casque doré, était tenu par une jeune femme Flavia Aetia.
Voici deux des pages qui illustrent les Champs catalauniques dans le tome 4 dans la série parue aux Éditions Soleil.