Femme du jour : Fanny Bullock Workman

Fanny Bullock fut pendant longtemps la « femme la plus haute du monde ». Alpiniste, exploratrice, cartographe mais aussi écrivaine et féministe convaincue, elle établit plusieurs records d’altitude féminins avant d’écrire huit livres sur ses voyages et de devenir la première Américaine à donner des conférences à la Sorbonne et la seconde à la Royal Geographical Society.

Née le 8 janvier 1859 dans une famille américaine aisée, elle épousa William Hunter Workman et préféra parcourir le monde avec lui plutôt que s’occuper de leurs deux enfants laissés aux bons soins de nurses puis d’écoles privées. Ils commencèrent par effectuer des circuits à vélo en Suisse, en France, en Italie, en Espagne, puis en Algérie et en Inde.

Fanny Bullock Workman et son mari avant 1911

Au terme de ce dernier voyage, ils décidèrent de partir pour l’Himalaya plutôt que de retourner aux États-Unis. Tombés amoureux à la fois de la montagne et de l’alpinisme, ils y retournèrent 8 fois pendant les 14 années suivantes. Bien que dépourvus de matériel d’escalade performant, ils atteignirent plusieurs hauts sommets et explorèrent des glaciers encore inconnus avant leur arrivée. Le record de Fanny fut le sommet du Pinnacle Peak (7000 m) dans le massif du Nun Kun, en Inde.

Dans les récits qu’elle fit plus tard avec William de leurs expéditions, elle accorda toujours une grande attention aux modes de vie des femmes et à leurs difficultés. Aux États-Unis, elle militait d’ailleurs pour le droit de vote des femmes. Malheureusement, elle n’accorda pas le même regard positif aux « indigènes » qu’elle employa avec son mari pendant ses ascensions. Leurs relations avec eux furent chaotiques et marqués par une certaine incompréhension teintée du paternalisme caractéristique du XIXe siècle.

Fanny Bullock Workman dans l’Himalaya vers 1900