Corne d’abondance glacée

Le 23 juillet 1904, Charles Menches, un vendeur de glace de l’Exposition universelle de Saint-Louis aux États-Unis, vit un drame personnel. Il n’a plus d’assiette pour servir ses glaces à ses clients. Mais soudain une idée jaillit dans son cerveau en panique. Il se tourne vers le pâtissier voisin, Ernst Hamwi, et lui achète un lot de ses fines et délicieuses zlabias, des sortes de gaufrettes. Il lui demande de les rouler en forme de cônes et les remplit de crème glacée. La « cornucopia » (du latin: corne d’abondance) ou cornet de glace vient de naître.
Le succès est immédiat. A tel points que d’autres vendeurs de glace de la foire et Ernst Hamwi lui-même, réclament le titre d’inventeur. Très vite, d’autres pâtissiers s’en mêlent aussi. Un New-Yorkais, Italo Marchioni, prétend même servir ses glaces dans des coupes comestibles depuis 1896 !
Aujourd’hui encore, on ignore qui fut le véritable inventeur des cornes d’abondance glacées mais une chose est sûre: elles rapportent chaque année plusieurs milliards d’euros/de dollars à leurs fabricants.
A titre indicatif, l’usine Nestlé de Beauvais produit à elle seule plus de 210 millions de cornets Extrême chaque année !

©Bruno Marielle/Vanessa Gault/Prismapix
Publié le Catégories Histoire contemporaine
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« Belle vue. Magnifique désolation »

Le 20 juillet à 21h 56min 20s (heure de Houston), Neil Armstrong pose le pied sur la lune devant des centaines de millions de spectateurs.
19 minutes plus tard, Edwin « Buzz » Aldrin le rejoint. Ses premières paroles sont « Belle vue. Magnifique désolation ».
Les deux hommes ont quitté la terre le 16 juillet dans l’énorme fusée Saturn V avec Michael Collins, le pilote du module de commande qui doit rester en orbite lunaire (pas de chance !).
Leur séjour sur la lune dure finalement 21h 36 min dont 2h 30 min de sortie extravéhiculaire.
Tous reviennent sur terre sans difficulté majeure.
Leur mission, Apollo 11, est un grand succès. Dans le contexte de la Guerre Froide, elle entérine l’avance prise par les États-Unis sur l’URSS dans la course à l’espace.

ci-dessous :
– Buzz Aldrin sur le sol lunaire
– L’empreinte de Buzz Aldrin sur la lune.

La Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence

Le 16 juillet 1949, la loi 49-956 créait la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence, qu’elles soient françaises ou étrangères.

Depuis, un seul éditeur a été condamné: Pierre Mouchot en 1961, pour avoir édité Big Bill le casseur. Il a écopé de 500 francs d’amende et d’un mois de prison.

En revanche, les publications sanctionnées n’ont pas manqué, y compris certaines devenues des classiques depuis :
– Le Piège diabolique d’Edgar P. Jacobs en 1962, « en raison des nombreuses violences qu’il comporte et de la hideur des images illustrant ce récit d’anticipation »
– Billy the kid, l’album de Lucky Luke, la même année, car Billy suce un révolver.
– La Griffe noire et les Légions perdues de Jacques Martin en 1965 car on voyait dans ces aventures d’Alix des allusions à la Guerre d’Algérie.
Et beaucoup d’autres…

Il faut dire qu’à la volonté de protéger la jeunesse contre les dérives d’auteurs jugés peu scrupuleux s’ajoutait à l’époque celle de protéger le marché français du livre jeunesse des incursions étrangères.

Les importations de comics furent donc aussi très surveillées.
Fantask, la revue de super-héros (Quatre fantastiques, Spiderman…) fut suspendue en 1969. Selon la Commission « Cette publication est extrêmement nocive en raison de sa science-fiction terrifiante, de ses combats de monstres traumatisants, de ses récits au climat angoissant et assortis de dessins aux couleurs violentes. Et l’ensemble de ces visions cauchemardesques est néfaste à la sensibilité juvénile. »
Cependant, dès l’année suivante, les super-héros américains étaient de retour dans Strange ou Marvel… sans couleur trop vive…

Tout cela peut sembler lointain mais la Commission existe toujours.

Depuis 2011, la règle est que les publications jeunesse “ne doivent comporter aucun contenu présentant un danger pour la jeunesse en raison de son caractère pornographique ou lorsqu’il est susceptible d’inciter à la discrimination ou à la haine contre une personne déterminée ou un groupe de personnes, aux atteintes à la dignité humaine, à l’usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants ou de substances psychotropes, à la violence ou à tous actes qualifiés de crimes ou de délits ou de nature à nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral de l’enfance ou la jeunesse. Elles ne doivent comporter aucune publicité ou annonce pour des publications de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse.”

La Mort de Marat

Je prends prétexte de l’anniversaire de l’assassinat de Marat, le 13 juillet 1793, par Charlotte Corday, pour poster le fameux tableau de Jacques Louis David.

Le peintre, révolutionnaire convaincu et proche de Robespierre, admire Marat et le connaît personnellement. Il est même l’un des derniers à l’avoir vu vivant et c’est lui qui organise ses funérailles.

Il représente ici le journaliste mourant sereinement, une lettre de Charlotte Corday encore en main. On le voit prenant un de ses bains curatifs au souffre (pour apaiser un grave eczéma ?), la tête enveloppée d’un tissu imbibé de vinaigre pour apaiser ses migraines.

Par ce tableau, David transforme l’ « Ami du peuple » en véritable martyr de la Révolution. Il idéalise sa mort, lui donne valeur de symbole et la place directement à côté de celle des héros de l’Antiquité qu’il illustrait avant 1789.

ci-dessous :

Jacques-Louis David, La Mort de Marat (1793), musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Nikola Tesla

Le 10 juillet 1856 naissait dans l’Empire d’Autriche un scientifique très cher à la culture populaire: Nikola Tesla.
Naturalisé américain, ce sont ses travaux dans les domaines de la mécanique et surtout de l’électricité qui l’ont rendu célèbre.

Après avoir travaillé un temps avec Thomas Edison et s’être fâché avec lui au point de démissionner en 1885, Tesla tenta de développer lui-même les brevets qu’il avait déposés. Après quelques échecs, il rejoignit George Westinghouse, le grand rival d’Edison, qui finança à son tour ses découvertes. Ils se firent les tenants du courant alternatif contre Edison, fervent défenseur du courant continu.
Pour contrer leurs avancées dans l’esprit du public, ce dernier développa une chaise électrique utilisant le courant alternatif. Il espérait convaincre ainsi que celui-ci était très dangereux.
Mais, il échoua et, finalement, en 1893, Westinghouse fut chargé de construire tout le réseau électrique des Etats-Unis. Le courant alternatif avait vaincu. Hélas Westinghouse, comme Edison, était au bord de la faillite. Tesla dut abandonner l’espoir de royalties à la hauteur de son succès et lui vendit tous ses droits et brevets.

Par la suite, Tesla continua à inventer. Il fut à l’origine de plus de 300 brevets mais mourut tout de même dans la pauvreté en janvier 1943.

Sa créativité débridée, tout comme son sens de la mise en scène, l’avait rendu très populaire à son époque. Il tomba ensuite dans l’oubli avant de devenir un personnage récurrent dans les récits steampunks. Ils exaltent ses inventions et en font parfois un véritable « savant fou ».
Dans le Prestige (1995), le romancier Christopher Priest imagine ainsi que Tesla invente une machine permettant à un magicien de se téléporter. Mais la machine a un défaut et crée une copie de son utilisateur…
En 2003, Tesla devient même une marque quand Martin Eberhard et Marc Tarpenning, qui seront rejoints l’année suivante par Elon Musk, donne son nom à leur entreprise de voitures électriques.
Désormais, quand on tape « tesla « sur un moteur de recherche, c’est l’image d’une grosse berline électrique qui apparaît. L’invention a dépassé l’inventeur en quelque sorte.

Bill Watterson

Aujourd’hui Bill Watterson, l’immense créateur de Calvin et Hobbes, fête ses 60 ans.

Il débuta sa carrière comme caricaturiste politique au Cincinnati Post en 1980 mais en fut renvoyé au bout de 6 mois. Les 5 années qui suivirent, tous ses dessins furent même refusés par les journaux…
Ce n’est qu’en 1985 qu’Universal Press Syndicate accepta un strip d’un tout nouveau genre racontant les aventures humoristiques d’un petit garçon et de son tigre en peluche sarcastique.
Le succès fut immédiat. Dès 1986, Calvin et Hobbes fut diffusé dans plusieurs centaines de publications. Dans les années 90, plus de 2 400 journaux les proposèrent à leurs lecteurs. Depuis, plus de 45 millions d’albums ont été vendus dans 40 langues.
En 1996, Bill Watterson arrêta sa série, pensant en avoir fait le tour.
Il se consacre depuis à la peinture et à sa famille, fuyant apparitions publiques et exposition médiatique.

Goldorak

Aujourd’hui, c’est minute nostalgie obligatoire pour toute ma génération :
Le 3 juillet 1978, Récré A2 diffusait pour la première fois un épisode de Goldorak, Yūfō Robo Gurendaizā.
L’anime japonais réalisé par Toei Animation 3 ans plus tôt d’après le manga de Gō Nagai connaîtra un tel succès en France que certains commentateurs diront même qu’il a atteint le 100% d’audience !
Alors tous en chœur avec Noam : Générique de Goldorak

 

Les émeutes de Stonewall ou les origines de la Gay pride

Ces jours-ci ont lieu en France et à l’étranger les Marches des Fiertés ou Gay prides. Elles visent bien sûr à donner de la visibilité aux combats des personnes homosexuelles, bisexuelles, trans… pour que chacun puisse disposer des mêmes droits quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre.

La première Gay Pride eut lieu à New York en juin 1970 : c’était la Christopher Street Liberation Parade. Elle commémorait les « émeutes de Stonewall » qui avaient eu lieu tout juste un an auparavant.

La nuit du 28 juin 1969, des policiers avaient effectué une violente descente au Stonewall Inn dans Christopher Street, une rue de Greenwich Village. Ce bar, un des rares a accueillir les homosexuels, était connu pour abriter spécialement les transsexuels, les prostitués, les sans-abris et beaucoup de marginaux…

Les raids policiers contre eux étaient monnaie courante. La société américaine pourtant agitée par de nombreuses luttes sociales et culturelles (mouvement des droits civiques, contre-culture…) restait très homophobe. A New York, il était par exemple interdit de servir de l’alcool à un homosexuel, de danser entre hommes et/ou de s’habiller en femme. C’était considéré comme des attentats à la pudeur.

Le 28 juin 1969, ce n’était donc a priori qu’une descente de police de plus. Mais, cette nuit-là, les clients du bar résistèrent pour la première fois aux forces de l’ordre. L’agitation gagna très vite le reste du quartier. Plus de 2000 personnes finirent par affronter 400 policiers, leur lancer des bouteilles, des pierres… L’émeute dura au total 5 jours et finit par attirer les journalistes.

Le 4 juillet suivant, jour de fête nationale américaine, Craig Rodwell, un libraire qui avait créé la première librairie proposant des auteurs gays dans Christopher Street, participa à Washington au défilé habituel de commémoration de l’Indépendance. Constatant à cette occasion que les couples homosexuels « trop voyants » étaient priés de se séparer par l’association même qui essayait de les intégrer positivement au défilé, Rodwell décida d’organiser une marche commémorative des événements du Stonewall Inn où chacun pourrait se montrer à sa guise.
L’année suivante, après un long combat juridique pour rendre la manifestation légale, quelques centaines de gays et de lesbiennes, purent défiler dans Christopher Street. Leurs slogans étaient « come out », « Gay pride »… Le mouvement était né, soutenu par le tout jeune Gay Liberation Front et la Gay Activist Alliance.
C’était le début de l’émancipation pour les homosexuels.

En France, la première vraie marche eut lieu le 4 avril 1981. Le mouvement a connu depuis bien des vicissitudes mais il est toujours là. Cependant, il y a toujours de nombreux pays dans le monde où la « Gay pride » est interdite. Ainsi en Russie où en 2006 encore 77% de la population se disait hostile à la marche et où nationalistes et ultra-orthodoxes s’en prennent toujours violemment aux homosexuels.

Aux origines des soldes

Il n’y a pas que la coupe du monde dans la vie, il y a le début des soldes aussi.

Elles ont été inventées dans les années 1830 au magasin parisien « Le petit Saint Thomas » par Simon Mannoury. Mais c’est Aristide Boucicaut, un de ses anciens employés, qui les popularise en 1873 au Bon Marché, le grand magasin qui existe toujours dans le 7e arrondissement de Paris.

En janvier, alors que les clients ont déserté les rayons après les fêtes de fin d’année, il décide de casser les prix sur le linge… blanc comme la neige en train de tomber. Le « mois du blanc » est né. Les soldes deviennent une institution commerciale.