L’actualité

Lord Dunsany

Vous ne connaissez sans doute pas cet écrivain irlandais né le 24 juillet 1878. Pourtant, Edward John Moreton Drax Plunkett 18è baron de Dunsany, est l’un des fondateurs majeurs de la fantasy moderne et surtout un des écrivains qui a le plus influencé Howard P. Lovecraft, avec Edgar A. Poe.

L’œuvre la plus connue de Dunsany, La Fille du roi des elfes, écrite en 1924 tient à la foi du conte merveilleux et de la fantasy épique. Mais une autre de ses compositions, Les Dieux de Pegāna de 1905, inspira au maître de Providence son Cycle onirique et ses Contrées du rêve.

Bref, Dunsany est un incontournable si vous aimez la « sword and sorcery » ou le fantastique teinté de mythologie.

Publié le Catégories Histoire contemporaine, Littérature
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Corne d’abondance glacée

Le 23 juillet 1904, Charles Menches, un vendeur de glace de l’Exposition universelle de Saint-Louis aux États-Unis, vit un drame personnel. Il n’a plus d’assiette pour servir ses glaces à ses clients. Mais soudain une idée jaillit dans son cerveau en panique. Il se tourne vers le pâtissier voisin, Ernst Hamwi, et lui achète un lot de ses fines et délicieuses zlabias, des sortes de gaufrettes. Il lui demande de les rouler en forme de cônes et les remplit de crème glacée. La « cornucopia » (du latin: corne d’abondance) ou cornet de glace vient de naître.
Le succès est immédiat. A tel points que d’autres vendeurs de glace de la foire et Ernst Hamwi lui-même, réclament le titre d’inventeur. Très vite, d’autres pâtissiers s’en mêlent aussi. Un New-Yorkais, Italo Marchioni, prétend même servir ses glaces dans des coupes comestibles depuis 1896 !
Aujourd’hui encore, on ignore qui fut le véritable inventeur des cornes d’abondance glacées mais une chose est sûre: elles rapportent chaque année plusieurs milliards d’euros/de dollars à leurs fabricants.
A titre indicatif, l’usine Nestlé de Beauvais produit à elle seule plus de 210 millions de cornets Extrême chaque année !

©Bruno Marielle/Vanessa Gault/Prismapix

« Belle vue. Magnifique désolation »

Le 20 juillet à 21h 56min 20s (heure de Houston), Neil Armstrong pose le pied sur la lune devant des centaines de millions de spectateurs.
19 minutes plus tard, Edwin « Buzz » Aldrin le rejoint. Ses premières paroles sont « Belle vue. Magnifique désolation ».
Les deux hommes ont quitté la terre le 16 juillet dans l’énorme fusée Saturn V avec Michael Collins, le pilote du module de commande qui doit rester en orbite lunaire (pas de chance !).
Leur séjour sur la lune dure finalement 21h 36 min dont 2h 30 min de sortie extravéhiculaire.
Tous reviennent sur terre sans difficulté majeure.
Leur mission, Apollo 11, est un grand succès. Dans le contexte de la Guerre Froide, elle entérine l’avance prise par les États-Unis sur l’URSS dans la course à l’espace.

ci-dessous :
– Buzz Aldrin sur le sol lunaire
– L’empreinte de Buzz Aldrin sur la lune.

Brennus et la bataille de l’Allia

Le 18 juillet 390 ou 387 avant Jésus-Christ a lieu un événement qui traumatise les Romains pour plusieurs siècles : la bataille de l’Allia, du nom de la rivière près de laquelle elle se déroule.

Là, à seulement une quinzaine de kilomètres de la Ville, les troupes du tribun consulaire Quintus Sulpicius Longus subissent une des pires défaites de l’histoire romaine face à l’armée gauloise de Brennus, inférieure en nombre mais beaucoup plus expérimentée.
Paniqués par les chants de guerre gaulois, surpris par l’assaut de leurs adversaires qui ont d’emblée déjoué leur tactique, les Romains se font massacrer. Ceux qui parviennent à fuir se noient en masse. Les survivants rejoignent une cité étrusque tout proche et renoncent à rentrer tout de suite à Rome.

La Ville est abandonnée aux Gaulois qui la mettent à sac à l’exception du Capitole qui résiste plusieurs mois avant de se rendre. Les survivants doivent s’humilier et payer une énorme rançon à leurs vainqueurs pour s’en débarrasser enfin.

Cet épisode du sac de Rome par les Gaulois donne lieu ensuite à l’invention de nombreux épisodes héroïques et est exagéré par la plupart des auteurs/historiens romains.
Trois cents ans plus tard, quand César part à la conquête des tribus gauloises, la mémoire de l’Allia est encore bien présente à Rome. Elle fait douter certains de la capacité du proconsul à triompher de ses adversaires et poussent les autres à espérer une revanche qui lave enfin leur humiliation.

Depuis, cette victoire gauloise contre les Romains et le sac de Rome qui a suivi n’ont pas cessé d’alimenter l’imaginaire français pour le pire et le meilleur.
Au XIXè siècle, l’image du barbare se teinte d’une connotation érotique comme on le voit dans le tableau de Paul Jamin ci-dessous. Mais, parallèlement, dans le cadre de l’affirmation de la nation française et de la lutte contre l’Allemagne, Brennus devient aussi un symbole nationaliste.
C’est tout naturellement donc qu’Alix part à la recherche de son épée dans les Légions perdues pour empêcher Pompée de s’en servir pour rallumer la guerre en Gaule (ce qui donne l’occasion à Martin de présenter Brennus et la prise du Capitole)
À notre époque encore, l’équipe victorieuse du championnat de France de Rugby reçoit en récompense le « bouclier de Brennus ». On dit souvent qu’il doit son nom du chef gaulois alors qu’il s’agit en fait simplement de celui de son créateur : Charles Brennus, un maître graveur du XIXè siècle passionné de sport.
Mais c’est beaucoup moins héroïque !

Morris

Né en décembre 1923, Maurice de Bevere dit Morris meurt à Bruxelles le 16 juillet 2001.

Dès 1943, il officie comme encreur au studio CBA, un studio belge de dessins animés avec Peyo, André Franquin…

Plus tard, il réalise des illustrations pour divers magasines puis, pour l’Almanach Spirou 1947, il crée le personnage qui le rend célèbre. Lucky Luke y apparaît dans Arizona 1880, une aventure dans laquelle il s’efforce de récupérer un chargement d’or volé pendant un trajet en diligence avec l’aide du déjà présent Jolly Jumper.
Cette même année, La Mine d’or de Dick Digger apparaît dans le magasine Spirou. La série est lancée et commence à paraître en albums deux ans plus tard.

Durant cette période, Morris apprend beaucoup au contact de Jijé. En 1948, il part avec lui et Franquin aux États-Unis. Ces derniers repartent en Europe dès l’année suivante, mais Morris passe six ans outre-Atlantique. Il travaille pour des magasine américains, illustre des livres pour enfants et fait la connaissance d’Harvey Kurtzman, le rédacteur en chef de Mad qui le marquera durablement.
Il fréquente aussi un autre jeune auteur rencontré grâce à Jijé : René Goscinny. Désireux de se consacrer au dessin, Morris finit par lui confier le scénario de Lucky Luke en 1955. Ils collaborent jusqu’en 1977 et la mort du scénariste.
En 1967, ils quittent Spirou et les éditions Dupuis pour Pilote et les éditions Dargaud.

Après la mort de Goscinny, Morris alterne les collaborations avec d’autres auteurs mais il reste fidèle à Lucky Luke et ne cherche pas à lancer d’autres séries.
Depuis 1947, les albums se sont vendus à plus de 300 millions d’exemplaires et ont été traduits en 20 langues.

 

Anne de Clèves

C’est sur la foi du portrait posté plus bas que le roi Henri VIII d’Angleterre – le Barbe Bleu local – choisit Anne de Clèves comme quatrième épouse en 1539. Hélas, le roi fut très déçu par leur première rencontre. Il jugea la jeune femme de 24 ans d’une beauté très moyenne.
Obligé néanmoins de l’épouser en janvier 1540 pour ne pas faire capoter son alliance avec sa famille, il fit annuler le mariage dès le mois de juillet suivant. Il n’avait jamais été consommé.
La reine accepta très facilement son sort: Henri avait 24 ans de plus qu’elle, pesait près de 150 kilos (alors que le surpoids commençait à être très dévalorisé), avait un ulcère nauséabond à la jambe, passait pour un amant brutal et avait déjà fait décapiter une de ses épouses pour la remplacer par une maîtresse morte depuis en couches…
Paradoxalement, par la suite, Anne de Clèves et Henri VIII gardèrent des rapports cordiaux voire affectueux. Elle lui survécut 10 ans.

C-dessous :
Anne de Clèves par Hans Holbein le Jeune, 1539, Musée du Louvre.

La Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence

Le 16 juillet 1949, la loi 49-956 créait la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence, qu’elles soient françaises ou étrangères.

Depuis, un seul éditeur a été condamné: Pierre Mouchot en 1961, pour avoir édité Big Bill le casseur. Il a écopé de 500 francs d’amende et d’un mois de prison.

En revanche, les publications sanctionnées n’ont pas manqué, y compris certaines devenues des classiques depuis :
– Le Piège diabolique d’Edgar P. Jacobs en 1962, « en raison des nombreuses violences qu’il comporte et de la hideur des images illustrant ce récit d’anticipation »
– Billy the kid, l’album de Lucky Luke, la même année, car Billy suce un révolver.
– La Griffe noire et les Légions perdues de Jacques Martin en 1965 car on voyait dans ces aventures d’Alix des allusions à la Guerre d’Algérie.
Et beaucoup d’autres…

Il faut dire qu’à la volonté de protéger la jeunesse contre les dérives d’auteurs jugés peu scrupuleux s’ajoutait à l’époque celle de protéger le marché français du livre jeunesse des incursions étrangères.

Les importations de comics furent donc aussi très surveillées.
Fantask, la revue de super-héros (Quatre fantastiques, Spiderman…) fut suspendue en 1969. Selon la Commission « Cette publication est extrêmement nocive en raison de sa science-fiction terrifiante, de ses combats de monstres traumatisants, de ses récits au climat angoissant et assortis de dessins aux couleurs violentes. Et l’ensemble de ces visions cauchemardesques est néfaste à la sensibilité juvénile. »
Cependant, dès l’année suivante, les super-héros américains étaient de retour dans Strange ou Marvel… sans couleur trop vive…

Tout cela peut sembler lointain mais la Commission existe toujours.

Depuis 2011, la règle est que les publications jeunesse “ne doivent comporter aucun contenu présentant un danger pour la jeunesse en raison de son caractère pornographique ou lorsqu’il est susceptible d’inciter à la discrimination ou à la haine contre une personne déterminée ou un groupe de personnes, aux atteintes à la dignité humaine, à l’usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants ou de substances psychotropes, à la violence ou à tous actes qualifiés de crimes ou de délits ou de nature à nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral de l’enfance ou la jeunesse. Elles ne doivent comporter aucune publicité ou annonce pour des publications de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse.”

La Mort de Marat

Je prends prétexte de l’anniversaire de l’assassinat de Marat, le 13 juillet 1793, par Charlotte Corday, pour poster le fameux tableau de Jacques Louis David.

Le peintre, révolutionnaire convaincu et proche de Robespierre, admire Marat et le connaît personnellement. Il est même l’un des derniers à l’avoir vu vivant et c’est lui qui organise ses funérailles.

Il représente ici le journaliste mourant sereinement, une lettre de Charlotte Corday encore en main. On le voit prenant un de ses bains curatifs au souffre (pour apaiser un grave eczéma ?), la tête enveloppée d’un tissu imbibé de vinaigre pour apaiser ses migraines.

Par ce tableau, David transforme l’ « Ami du peuple » en véritable martyr de la Révolution. Il idéalise sa mort, lui donne valeur de symbole et la place directement à côté de celle des héros de l’Antiquité qu’il illustrait avant 1789.

ci-dessous :

Jacques-Louis David, La Mort de Marat (1793), musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.